CR du Raid Aran 2018

Escapade Catalane,

Que de nouveautés pour ce raid Aran 2018 :
Premier raid long (6 jours de course non-stop !)
Premier raid à l’étranger (en catalogne hein, pas en Espagne !)
Premier raid avec Fred (j’ai déjà fait le pacaraid avec Zazou)
Et premier raid à 4 depuis un bon bout de temps (le précédent et le seul était le raid Centrale paris en 2010)
Autant dire que c’est blindé de confiance questions que j’aborde ce raid. Comment on fait pour manger des vrais repas pendant la course ? Comment je vais réagir au manque de sommeil ? Comment je vais faire pour continuer d’avancer après 100km et que j’aurai des jambes dures comme des bouts de bois ? Comment on fait pour s’entrainer pour ça : 600 km, 20 000m D+, 6j ??
Heureusement on a Fred : une bonne dizaine de raid long à son actifs, dans plusieurs équipes, orienteur, gros niveau en canyon et spéléo, mais il a quelques soucis d’alimentation. Grace à lui, nous avons pu préparer convenablement le raid pour qu’il se déroule au mieux.
La course est une chose, la logistique pour préparer une telle bambée en est une autre. Entre le matériel obligatoire, le matériel vivement conseillé, la bouffe, les fringues, la révision du vélo, l’emprunt à droite et à gauche de ci ou de ça, il faut bien s’y prendre 1 3 semaines à l’avances pour tout préparer. Heureusement pour cela on a DSN 74 et Wil qui ont tout le matos nécessaire, et du bon matos ! Résultat, le samedi après-midi de notre arrivée sur place, au check matos, il n’y a que très peu de chose à reprendre : les combinaisons pour le canyon doivent avoir une capuche, tant pis on louera auprès de l’orga. Et les longes pour le canyoning doivent être manufacturées et non faites maison. C’est ce qui arrive quand on ne lit pas précisément les consignes ! On est bon pour un aller/retour au décathlon du coin pour s’apercevoir qu’ils n’en ont plus et qu’on devra louer également auprès de l’orga. M’enfin c’est un moindre mal, tout le reste est conforme et nous n’avons rien oublié d’autre.
Nous sommes donc arrivés sur place le samedi vers 16h et sommes fin prêt vers 21h. Pour une première, c’est une belle perf ! Je m’attendais à devoir défaire et refaire mon sac bien plus souvent que ça ! Pour le soir, on est tranquilles (enfin on le pensait !), on a réservé un hôtel avec l’organisation. Malheureusement celle-ci a été un peu débordée et n’ont pas fait autant de réservations que d’équipes le demandant. On se fait donc refouler d’un premier hôtel, puis on passe une bonne heure à discuter avec la gérante d’un second hôtel qui ne parle ni français ni anglais. Il faut donc voir Doud et moi dans un espagnol plus qu’approximatif essayer de faire comprendre qu’il faut qu’ils appellent l’organisation (dont on n’a pas le numéro …). Bref tout rentre dans l’ordre sur les coups de 22h. On mange rapidement et partons faire un tour en ville. Je ne sais plus quel événement c’était, mais il y avait une belle animation. La ville est joliment éclairée la nuit, et le dédale du centre-ville promet une belle première CO urbaine.
Le dimanche est plutôt tranquille malgré un coup de stress pour livrer les sacs perso à l’organisation dans les temps (on n’a appris qu’à 12h qu’il fallait les rendre à 12h30, nous pensions avoir toute la journée pour cela…)

Viens alors l’heure du briefing puis de la remise des cartes. Nous avons 2h pour étudier les cartes, les trier et tracer nos choix d’itinéraires avant qu’ils ne donnent le départ. L’équipe se met rapidement dans ses rôles, et nous sommes les premiers prêts à partir. Petit doute, est ce qu’on a bien tout fait ? On n’est pas passé à côté d’un piège ? On aura les 6 prochains jours pour le découvrir.

Il est 22h lorsque le coup d’envoi est donné. Nous découvrons la carte de cette première section au dernier moment, c’est une CO en ordre libre. Je pars donc vers une première balise et patatra, premier problème : je ne trouve pas le passage qui me permet d’atteindre la balise. La seule solution que je vois est de faire un grand contournement et à ce stade je ne suis pas encore prêt pour choisir cette solution. On choisit donc rapidement de prendre le problème dans l’autre sens et de commencer par la fin (faire la boucle dans le sens inverse de ce que j’avais prévu). Et ça marche plutôt bien, on a le temps de préparer les itinéraires, et enfin arrivés sur le dernier interposte qui m’avait posé problème, le choix s’impose à nous, il faut bien contourner le rempart, il n’y a pas d’autre choix possible. On boucle la section en un temps très honorable 30 ou 45 minutes alors qu’on s’en était octroyé 1h sur nos prévisions : ça nous donne le sourire, et nous met en confiance.
On part maintenant à vélo pour 66Km, on s’enfonce dans la nuit à mesure qu’on s’éloigne de la ville. L’effervescence du départ s’apaise, on rentre dans nos bulles, ça y est on est partis ! On n’a pas eu le temps de s’en rendre compte pendant cette première CO mais ça y est, on y est !
Le vtt est plutôt roulant, on est rapidement seuls sur de grands chemins de campagne en direction des Pyrénées, Doud : les odeurs d’herbes de provence sont apaisantes, l’atmosphère de la nuit est parfaite après cette chaude journée, finalement le plus dur sera peut-être de supporter le cagnard des journées !! Un petit passage creusé dans la terre nous donne un avant-goût d’aventure. Les cartes sont bien détaillées (1/25 000eme), Doud est chaud et a besoin de bruler quelques calories pour se calmer, du coup il attache Zazou et roule à un bon rythme sur les bords d’un canal. On avale les 66km en moins de 5h, on en avait prévu 8 ! Faut dire qu’il y avait 1600m de D+ de prévu et qu’on n’en a fait que la moitié.
Zazou : le premier VTT m’a mise en confiance, il n’y a rien de technique, il faut juste appuyer pour avancer et avec un Doud en guise de locomotive, ça avance tout seul ! Surtout ne pas se laisser distancer par les gônes en VTT !! Avec Fred on veut terminer avant les gônes cette fois ci et si ça reste non technique c’est possible !
On arrive alors à la transition avec le kayak. Il est 4h du matin, on essaie d’être efficaces : démonter le vélo, le ranger, se changer, gonfler les kayaks, régler les sièges, prendre le matériel obligatoire, manger, rentrer dans la carte. Ça nous prend près de 45 minutes tout de même et on n’a pas trainé ! Mais on aurait peut-être dû prendre un peu plus de temps car au bout de 5 min à pagayer, je sens mes pieds dans l’eau, bon, tant pis, c’est qu’on doit bien s’arroser à pagayer, je ne dis rien.
5min plus tard, je sens que l’eau monte et que j’ai les fesses dans l’eau. J’en parle à Doud devant moi qui me dit que lui aussi à les pieds dans l’eau et à Fred dans l’autre kayak que non eux tout va bien ils sont au sec… heureusement la première balise n’est que 5 min plus loin on débarque donc et retournons le kayak pour s’apercevoir que le bouchon de vidange de l’eau était ouvert … quel bande de boulets ! Doud : Le test est positif : Nous sommes rassurés de savoir qu’on peut couler à 5h du mat en toute tranquillité, c’est ça l’aventure 😊
Enfin, on repart un peu plus rassurés, le cul trempé, mais dans l’espoir de sécher. Au passage de laisse tomber ma carte dans l’eau et m’en rend compte 200m plus loin, avec le privilège de faire un petit aller/retour express pour la récupérer.

La section se passe bien, le jour se lève tout doucement, on avance relativement bien et malgré un petit somme de Zazou on reprend les gones raideurs qui étaient partis 10 minutes avant nous. Toute la section se passe sur un lac artificiel, au pied de belles collines. La dernière ligne droite est un peu longue et nous avons hâte d’en finir. Il nous reste alors 2-3km à pied pour rejoindre la transition Doud : avec une petite boulette d’orientation.
Là encore nous avons gagné du temps sur le timing prévisionnel, cela donne de bon espoirs pour arriver à temps le jeudi au canyoning (oui la quand on parle de barrière horaire, on parle en jours et non plus en heures …). La transition se passe bien et le temps qu’on reparte plein d’équipes arrivent. On repart les premiers sur notre première section trek et je comprendrais plus tard que le raid a été construit autour de ces 3 sections de trek qui passent par les endroits les plus jolis de la catalogne, des montagnes escarpées mais mythiques et magnifique. La montée s’annonce rude, mais arrivés là-haut quel spectacle ! Les balises sont positionnées sur les sommets et nous allons les chercher en aller/retour. La 3ème balise nécessite de contourner une énorme falaise, sur la carte cela parait simple, tout en courbe de niveau sur un sentier, mais en réalité cela nous prend près d’1h30. Arrivés au dernier sommet on fait une pause et je m’endors quasi instantanément, pourtant il est 13h… On dort 30-40min mais cela fait du bien à tout le monde. De nombreuses équipes nous ont dépassées mais on sait que nous nous trouvons maintenant à un classement un peu plus raisonnable.

Une petite boulette d’orientation dans la longue descente vers la transition puis nous voilà de retour à nos kayaks pour seulement 11km cette fois ci. Ils nous paraitront longs tout de même sur un nouveau lac artificiel, vide de vie (pas de bateau, pas d’habitations, juste une route qui longe et un village au loin). Zazou : je trouve encore le moyen de faire un petit somme, a priori le kayak a un effet soporifique sur moi ; merci Fred d’avoir pagayé pour deux ! A la fin de la section, je ne me sens pas bien du tout, le bide est en vrac, partagée entre la théorie (il faut manger) et la pratique (nausées) ; les garçons sont sympas et m’attendent ; j’ai opté pour la théorie mais la mise en pratique est longue !
La transition suivante est longue également, on est tout mous, on met plus d’une heure à se préparer pour la section vtt +rogaining (CO à pied) qui nous prendra près d’une journée complète. Lorsqu’on repart, les sacs sont lourds et le jour commence à décliner. On passe la première montée et la nuit nous cueille au premier col vers 22-23h. Zazou : ah les garçons ! ils m’ont tracté à toutes les montées ! Un grand merci ! Doud : arrivé en haut, je n’ai qu’une seule envie dormir ! Zazou : moi aussi ! L’effet de groupe reprend le dessus et nous voilà repartis. Légère descente puis voilà une 2ème montée, je sens les têtes se baisser, les yeux se fermer et l’attention s’envoler. Mais on pousse un peu pour atteindre le col et plonger dans la vallée pour espérer trouver un coin d’herbe ou un abri pour passer la nuit. Coup de chance dans le village suivant on trouve une petite grange, ouverte et peu encombrée. Ni une ni 2, on installe la bâche et les duvets et c’est parti pour 2h30 de nuit !

3h30 plus tard, j’ouvre les yeux, je n’ai pas entendu mon réveil …
Je réveille tout le monde et suis étonné de la vitesse à laquelle nous sommes de nouveau prêts. Je sens que ce sommeil a fait du bien !
On repart donc avec le levé du jour pour la montée suivante. 800m de dénivelé sur des pistes forestières assez large sur lesquelles on peut rouler sous réserve d’avoir de bonnes cuisses !
En arrivant sur la transition rogaining, on rattrape alors XTT puis les gônes qui n’ont pas passés une aussi bonne nuit que nous. La section rogaining propose d’aller chercher 12 balises sur les 13 (ils nous font cadeau d’une balise). Cette section est facultative mais donne lieu à 1h de pénalité par balise manquante avec une barrière horaire à 11h. Nous savons donc pertinemment que nous ne pourrons tout faire et vu les distances et le nombre de courbes de niveaux il faut bien prévoir une dizaine d’heure pour le compléter. On ne fera finalement que 4 balises en moins de 2h ce qui s’avèrera le plus rentable. Dommage car le coin était chouette et la carte était jolie.
On reprend alors nos vtt pour finir la section entamée la veille à 19h.
Après une belle montée sous le soleil, puis une rapide descente, on arrive à une grosse transition, avec douches, glaces, tout plein de confort !
L’organisation nous annonce que nous devrons purger 45 minutes de nos pénalités sur place sans avoir accès à nos sacs avant de pouvoir se préparer pour repartir sur la section suivante. Cela permet de respecter l’ordre du classement et que les premiers soient bien premiers …etc. Nous ça ne nous change pas grand-chose, on mange et on se prépare pour le trek qui s’annonce costaud !
On commence dré dans l’pentu et ça durera près de 3h en finissant sur une magnifique arrête aérienne mais pas trop exposée. Il faut mettre les mains pour monter et descendre tout du long. Doud : A peine arrivé à un sommet on s’aperçoit que le CP doit être au prochain.. Et ça x4. C’est ça qui est bon ! On arrive au sommet (Pedroforca) 30 minutes seulement avant la barrière horaire : il ne fallait pas trainer ! Mais nous sommes heureux nous avons rattrapé 2 équipes dans la montée dont les gônes qui avaient été plus efficaces que nous à la transition. Zazou : les garçons toujours aussi sympas ont porté mon sac durant toute cette montée. Et quelle montée ! juste magnifique !

La descente qui suit est quasi plus difficile que la montée, c’est pentu et ça glisse. Arrivé en bas, Fred a besoin d’un petit somme, nous nous allongeons donc pour 30 minutes. A notre grande surprise, personne ne passe pourtant plusieurs équipes nous talonnaient de près. Ils ont choisi un autre itinéraire plus long mais avec moins de dénivelé.
Un petit saut au bar prendre des frites et des sandwichs avant de réattaquer la montagne d’en face et c’est repartis ! Sur le chemin on croise Issy Absolu 1 qui font « leur » course, et préfèrent contourner les montagnes pour être sûr de faire les parties ludiques plutôt que d’essayer de rester sur la course et de rater les meilleurs moments. C’est un vrai bonheur de vous avoir rencontrés ! On les laisse à la balise suivante et continuons notre chemin. La nuit nous rattrape à la mi-montée. Mais l’orientation est facile, il suffit de suivre les crêtes puis de prendre le seul chemin possible. Un dernier coup de cul pour atteindre la dernière balise du trek puis nous n’avons plus qu’à rejoindre la transition. A ce moment-là, nous pensions ne mettre qu’une heure mais c’était sans compter sur le chemin de crête qui s’est avéré être bien aérien et donc assez lent à parcourir surtout de nuit. Le chemin menait à la via ferrata du jour (que nous avons raté faute de barrière horaire), il y a plusieurs échelles assez sport. Zazou : avoir une confiance aveugle en ses équipiers, être un peu stone, et passer de nuit sur la crête ; mon bilan du lendemain fût « heureusement qu’il faisait nuit pour ne pas voir ! ». Un peu désorientés à la sortie de ce chemin un peu spécial, on enchaine sur notre plus grosse boulette d’orientation du raid, qui nous a fait naviguer une bonne heure de trop avant de retrouver notre chemin. Nous arrivons finalement vers 4h du matin à la transition 2 à 3h de plus que nos prévisions. Nous nous installons tout de même pour dormir 3h avant de repartir un autre gros morceau : 108km de vtt entrecoupés de spéléo et CO.

La nuit a encore fait du bien mais la fatigue reste présente, le départ traine un peu. On se retrouve alors dans la première montée sur les coups de 11h en plein cagnard. Mais on avance bien.
Zazou : incapacité à mettre mon cerveau en état de marche normal… 108km de vtt.. Mais pourquoi je fais ça ? on pousse les vélos, enfin Fred me pousse mon vélo, je regarde les arbres, c’est beau, je vois des ponts à travers les feuillages, j’ai besoin de faire une sieste pour que ça fasse « reset » et que ça reparte dans le bon sens.
Lorsqu’on arrive à la spéléo il faut discuter et insister un peu pour que le responsable nous laisse y aller avec nos chaussures de vtt. Le roadbook n’annonçant aucun matériel obligatoire, nous nous sommes allégés au maximum pour cette longue section et n’avons pas pris de chaussures de trail. Il nous laisse finalement partir pour cette spéléo « not difficult but not easy, it’s medium ». Le balisage est minimal, et on commence par devoir se glisser dans un petit réduit sur 1 à 2m, ambiance garantie ! et le gars avait raison sur la partie « not easy » ! à ce petit jeu, Fred est facile et Zazou plus à la peine. Mais le mental prend le dessus et arrive à surpasser les (grosses) difficultés. On ressort de cette grotte bien rafraichis et retrouvons la fournaise qui commence à se calmer. On repart sur nos vélos direction le prochain CP où une CO facultative nous attend. On se rend alors compte que si on pédale bien nous pourrons l’avoir alors que nous n’avions pas prévu de la faire ! Une équipe d’anglais est partie 10 minutes devant nous, nous nous mettons donc en ordre de marche pour l’atteindre à temps et faire au moins quelques balises. On arrive sur le CP en même temps que les anglais et on se précipite sur la carte pour partir sur la CO avant eux. Nous avons l’avantage de ne pas avoir à changer de chaussures. On part donc en courant comme si c’était une CO classique. Et finalement de fil en aiguille, on fera les 16 balises de la CO sans laisser une miette, avec nos chaussures de vtt. Il est 19h, le soleil commence à décliner et la chaleur aussi. Ayant fait le choix de ne pas prendre de duvet pour s’alléger au maximum sur le vélo, nous choisissons de dormir une heure avant qu’il ne fasse froid.
Ce coup-ci personne n’a bien dormi, l’heure de sommeil n’a pas eu beaucoup d’effet, mais tant pis, nous repartons en queue de peloton alors que la nuit tombe. La fin du vtt est longue et sans trop d’intérêt. Arrivés sur une balise, le 4×4 du débaliseur nous rattrape, sachant que nous sommes la dernière équipe et probablement à plus de 3h des suivants, nous lui proposons de dé-baliser les 2 balises suivantes lui épargnant de ce fait une longue nuit à rouler. Sur les coups de 4-5h, la fatigue nous rattrape et nous nous arrêtons pour une 2eme sieste d’une heure sous un tractopelle pour être un peu à l’abri. Là encore le sommeil n’est pas bénéfique pour tout le monde et nous repartons toujours un peu sonnés pour finir cette section. Doud : La fin est montagnarde, on monte au milieu de troupeaux de vaches, toujours de gros chemins mais pas une habitation à l’horizon. Le tracé est bien préservé. La dernière descente est sport droit dans la pente sans vrai chemins sur des pâturages montagnards. Nous arriverons vers midi après plus de 24h sur cette section.
Nous sommes arrivés trop tard pour partir sur le trek suivant qui s’annonçait magnifique mais de toute manière nous préférons essayer d’arriver à temps pour le canyoning pour lequel il faut y être avant 18h. Des orages sont annoncés dans l’après-midi. Le long trek est remplacé par un « petit » trek que nous trouvons tout de même assez long. La transition cafouille un peu, le lieu indiqué sur la carte n’est pas le bon et il n’y a aucun fléchage. On demande à l’orga de nous l’indiquer, il est un bon kilomètre plus loin sur un parking. Le temps devient menaçant, et nous n’avons que 2h pour repartir à vtt sur le chemin que nous venons d’emprunter à pied puis monter sur la route jusqu’au canyon. Tout le monde a le moral un peu à plat car nous ne pensons pas y parvenir mais je pousse pour qu’on essaie quand même. Doud : Un peu démotivé par des bénévoles peu rigoureux, l’horloge qui tourne et l’orage menaçant qui risque d’annuler le canyon quoi qu’il arrive Gillou joue à fond son rôle de captain et nous fait comprendre qu’il n’y a qu’une seule issue : y aller à fond quoiqu’il arrive. Le message est passé et on repart pleine balle. Zazou a dû être touchée par la grâce car elle nous sort une descente technique de fou, la partie technique qu’on pensait faire en minimum une heure est avalée en 40 minutes, il nous reste un peu moins d’une heure pour faire les 400 mD+ sur la route. Doud et moi accrochons Zazou et Fred et c’est parti pour une petite suée. Le rythme est bon et nous arrivons 15 minutes avant la barrière horaire. La responsable canyon nous annonce alors qu’il faut être dans le canyon avant 18h ! On se change rapidement et partons rapidement pour le canyon. On sera encore une fois les derniers à faire la section. Doud : Euphorie générale d’avoir atteint cet objectif qui était en fait celui de notre raid alors qu’on pensait ne pas pouvoir le faire en lisant le roadbook le 1er jour. Les gônes raideurs qui sont partis en même temps que nous de la transition précédente n’ont pas autant forcé et arriverons trop tard pour faire le canyon.
Zazou : je n’ai pas été touchée par la grâce, non non, il y avait un sprint à faire, tout donner, tout faire pour que toute l’équipe ai tout donné pour atteindre l’objectif ! Objectif canyoning et se mettre dans l’eau !! Sinon, on aurait pu partir sur le treck (rester dans la full race) et ça m’aurait agacé car il avait l’air magnifique ! Bon le petit sprint en vtt m’a bien fatiguée, j’avais dû mal à marcher dans le canyon du coup !
Le canyon est magnifique, ludique, ça fait une bonne pose dans notre raid et ça rafraichit également.

Après 11 rappels, la remontée réchauffe vite, d’autant plus que les combinaisons sont épaisses !

Après une petite pause ou nous prenons le temps de manger et boire, nous repartons sur ce vtt de 56km. La nuit nous rattrape alors que nous poussons les vélos pour accéder à un col et 2 maisons dans lesquelles nous espérons pouvoir nous arrêter dormir. Mais avec la nuit viens l’orage, le fameux, d’un coup d’un seul, il pleut et fort ! le refuge des 2 maisons marquées sur la carte est en vue mais malheureusement l’une est une ruine inaccessible et l’autre est habitée par un berger et ses patous et ne souhaite pas nous accueillir au sec. On passe donc notre chemin dépités et entamons la descente sans véritables espoir de pouvoir se mettre au sec ni même dormir avant quelques heures. Mais là après 15-30 minutes de descente, nous tombons sur une magnifique falaise avec un gros surplomb bien au sec. La décision est vite prise, Doud va chercher du bois sec pendant que nous nettoyons la plateforme de ses cailloux et nous faisons un bon feu. Le campement est bien confortable, nous sommes au sec on décide de dormir 5h jusqu’au lever de soleil. Zazou : une vraie nuit d’hôtel 5 étoiles pour raideurs !!
Celui-là il a fait du bien ! et pas qu’au moral. Au réveil une équipe polonaise passe au plus mal devant nous alors qu’on petit déjeune autour de notre feu.
On repart tout content alors que le jour se lève sur des belles vallées bien vertes. Au passage dans la ville, nous nous arrêtons prendre un bon petit dej, il est loin le temps où nous courrions pour gagner quelques secondes ! Doud : L’ambiance est détendue, peut-être un peu trop pour moi qui m’explose par terre en pleine ville sur un petit saut en vtt. Le recadrage est immédiat 😊
A midi on s’arrête pour déjeuner à côté d’un CP au bord d’une rivière tous en calbute pour faire sécher nos vêtements. L’équipe polonaise repasse dans le mal. On rigole de nos courses tellement opposées.
La suite du vtt est roulant et nous savourons, il ne nous reste plus grand-chose et nous sentons déjà la douche et le lit qui nous attendent. Il reste tout de même une longue section kayak à ne pas négliger (36 km  !!). On l’attaque vers 15-16h et nous mettrons bien 10h à la finir. Zazou : encore une petite sieste et le Fred qui pagaie sagement tout seul ! il ne m’aura pas réveillé une seule fois ! Je garderai en tête ce magnifique couché de soleil sur des falaises rouges alors que nous sommes minuscules sur notre petit kayak en train de traverser le lac.

Le dernier vtt est raccourci car nous ne sommes plus sur la course complète « full course ». Il consiste en 35 km de piste cyclable en légère descente, autant dire qu’on avale les kilomètres comme des affamés. La dernière section est une CO ludique dans le dédale de Gironne, dommage qu’il fasse nuit, la ville a l’air magnifique. Nous laissons alors la carte à Doud et Zazou pour clôturer ce magnifique raid (Zazou : soit 1h30 de plus !).
Le samedi est consacré au repos puis à la cérémonie de clôture un peu écourtée sous la pluie. On gagne le prix de l’esprit raid grâce à notre aide pour débaliser.
Et le retour le dimanche passe relativement vite, sans fatigue excessive. Ce qui me donne l’impression de n’avoir fait qu’un raid sur un weekend classique. Pendant une semaine le temps s’est dilaté et je n’ai pas eu l’impression de subir ni physiquement ni en terme de sommeil. L’enchainement des épreuves étaient logique et bienvenu, un peu long par moment. Mais nous n’avons pas vécu de grandes bavantes, ou de gros pépin comme ce à quoi je m’attendais. Cela me laisse un petit gout d’inachevé, il a manqué un peu d’aventures dans ce raid aventure. Je garderais tout de même en tête cette grotte salvatrice et ce petit feu de bois !
Ce manque d’aventure s’explique aussi en partie parce que l’équipe a très bien tournée, pas seulement individuellement mais aussi en tant qu’équipe, les objectifs étaient bien partagés par tout le monde, tout nous semblait naturel, les pauses, les repas, les dodos… les décisions semblaient se prendre toutes seules. Nous avons privilégié le sommeil à la performance et cela nous a permis de vivre pleinement ce raid.

Enfin, personnellement je me rends compte que je n’ai pas trouvé de récompense à la hauteur de l’effort de préparation que nécessite un tel raid. C’est assurément une expérience à vivre, mais moi qui pensais être entièrement conquis par le format de course, je suis maintenant un peu plus mitigé. Il va certainement falloir en faire un second un peu plus engagé pour me rendre bien compte de ce qu’est réellement le raid aventure ^^.
Doud : Même en rêve la course n’aurait pas pu se dérouler mieux. L’objectif partagé a été 100% atteint : se faire plaisir, prendre le rythme pour finir à 4 et… faire le canyoning ! Avec peu de préparation commune l’équipe a super bien fonctionnée et chacun a trouvé son rôle. Sans trop forcer cette épreuve qui me paraissait surhumaine est finalement devenue accessible. Les questions de Gillou sont légitimes. Beaucoup de préparation, des choix à faire sur les mois précédents la course. Envie d’y retourner pour aller plus fort, mais la préparation et la course seront encore plus exigeantes, en profitera-t-on autant ? plus de feu de bois ☹ le jeu en vaut-il la chandelle ?
A propos d’Aran en elle-même, organisation super sympa et 100% dévoués à la course, j’ai été très très agréablement surpris par les parcours beaucoup plus sauvages et préservés que je ne l’imaginais, nous n’avons croisé presque personne sur la semaine, des lacs à n’en plus finir comme si on était au fin fond du Canada, des montagnes sublimes et tellement variées.
Quant à Zazou ses progrès en VTT sur la semaine auront été bluffants et plus que prometteurs puisqu’elle sera au départ du RIF à la Réunion en Novembre avec Fred et son équipe des ex Yogi Tea DSN. Force & Honneur !
Le moment le plus beau : Les montagnes du 1 er trail et L’arête de Pédroforca sur le 2ème trail
Le meilleur moment : le feu de bois dans la grotte la 5ème nuit
Le sommeil le plus inutile mais mémorable : dormir 1h sous un tractopelle
Le plus drôle : l’équipe polonaise qu’on reprenait à chaque fois le 5ème jour après les avoir croisé en train de faire un feu de bois, un café en ville et un pique nique au bord de la rivière.
Le pire moment : quand on s’est perdus après le trek via ferrata la 3ème nuit

Zazou : Comme l’on dit Gillou et Doud, les objectifs de se faire plaisir, de commencer et terminer à 4, faire le canyoning … et battre les gônes ont été accomplis !
Un réel grand merci aux garçons qui m’ont tracté en montée en vtt, qui m’ont attendu en descente en vtt, qui ont porté mon sac dans les grosses montées à pieds dès qu’ils pouvaient, qui ont pagayé pour 4 alors que je somnolai.. Merci d’avoir accepté un boulet !
Ils sont forts et ont un grand cœur ; une âme de grand raideur !
Je rejoins Doud sur les pires et bons moments sauf sur la sieste sous la tractopelle que j’ai fort bien appréciée, et le pire moment, qui pour moi a été le début des 108km à vtt. Je rajouterai le bonheur d’avoir réussi à larguer les gônes au moment le plus crucial du raid : en vtt avant le canyon !
C’est un beau Raid que j’aimerai refaire mais avec un autre objectif : celui de rester en full race le plus longtemps possible et tant pis pour les parties ludiques ; histoire de voir et de comprendre la différence de raid long.
Je pense en tout cas qu’on a formé une bien belle équipe DNS74 ; l’équipe s’est construite naturellement : l’équipe la moins bavarde ! Chacun dans ses pensées, sans trop les partager, mais ravis d’être là !

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