Compte rendu du RIF 2018 DSN74- Yogi Spirit

Présentation des Membres de l’équipe :
• Mr le Capitaine des Yogis depuis de nombreuses années, toujours le sourire aux lèvres, toujours des mots encourageants, sans jamais mettre la pression, une force de la nature, je ne vous présente plus Nico !
• Connu pour être Mr l’orienteur (et non pas « orientateur » comme on dit si bien en fin de raid…) depuis de nombreuses années dans l’équipe des Yogis, il ne paye pas de mine, mais lui aussi porte, tracte, voici Fred !
• Mr le Mécano (Nico : notre Mac Gyver), souvent au rendez-vous des RIF dans l’équipe Yogis, il sait réparer vélo et pack raft les yeux fermés, de nature discrète, il est toujours prêt avant tout le monde et est un grand mangeur de litchis fraîchement cueillis… Voici Greg ! Greg : Je n’ai pas osé cueillir les mangues dans les cultures mais ça me démangeait.
• et puis Zazou : je vais laisser parler les copains… Nico : La rookie de l’équipe, Padawan de Fred… Mais on sait faire chez les Yogis… on les bichonne nos filles. Sinon la miss a un mental d’acier… c’est force immuable, qui n’a cessé de mettre un pied devant l’autre, malgré les difficultés de cette finale. Chapeau bas. Greg : Nous n’avions pas beaucoup fait d’entrainement ensemble mais là nous avons découvert une miss qui ne lâche rien. Fred : Depuis cette année je l’embarque avec moi sur des raids de plus en plus importants, elle tire la langue, souffle, soufre, je la malmène, mais elle revient toujours. Bizart cette fille ! Ou un esprit raid déjà bien ancrée.

En résumé : une équipe de Yogi rodée depuis des années avec les garçons et une nana qui débarque sur son premier RIF… autant dire que ce fût très rude pour moi ! Nico : L’idée est comme à chaque fois de se faire plaisir, de voir le plus de choses incroyables possibles… et de finir « vivants » 😉
Pour vous la faire courte le seul Raid long que j’ai fait ce fût cet été avec Gillou, Doud et Fred sur le Raid Aran début juillet, j’étais à mille lieues d’imaginer qu’un jour dans ma vie on me proposerait d’aller faire un RIF, et la finale encore moins ! Fred : Formation accélérée avec deux trois petits raids l’année passée, puis cette année, tout s’accélère, Le Gevau, … le raid Aran (finale européenne !), et pour valider la formation le RiF (finale mondial !!!) tranquille quoi. Mais quand on te propose d’aller faire des choses extraordinaires, sur l’île de la Réunion de surcroit, on est obligé de dire oui ! En plus j’avais déjà eu la chance d’admirer un lever de soleil du haut du Piton des Neiges le matin de mes 7 ans, et c’était une des choses à cocher dans ma « to do list » ! Mais depuis août avec le boulot c’était très compliqué pour moi en termes d’entrainements avec des déplacements non-stop (Fred m’a même engueulée, et j’ai failli ne pas prendre le départ) et des semaines de barbares.
Nico : on passera les milliards d’échanges entre nous et les autres équipes de DSN74… ça fait plaisir de voir toute cette énergie tournée vers un même objectif… énergie parfois anarchiquement dispensée…
Cette équipe manque un peu de vivre ensemble mais compte tenu de l’objectif, tout devrait bien se passer 😉
Greg : L’objectif comme tous les ans est d’aller au bout, découvrir des coins reculés et peu accessibles et surtout finir ensemble dans la bonne humeur.
Fred : Oui je suis une peu le tortionnaire d’avant course pour Zazou. Je sais dans quel genre d’aventure nous nous engageons. Je lui martèle qu’elle doit s’entrainer, c’est pour elle. Je veux qu’elle profite de cette course hors norme et non pas la subir pendant une semaine. Je connais bien mes équipiers, le cœur sur la main, un peu moins excité que moi. Ils vont s’adapter, mais il faut avancer quand même si l’on veut en faire un max. Moi je suis là pour m’éclater. Et à plusieurs c’est encore mieux.

C’est parti
Mais bon nous y voilà quand même à la gare de La Part Dieu (Dimanche 4 Novembre à 12h30), rendez-vous à Lyon pour prendre le train direction Charles de Gaulle. Oh ce bazar ! 4 caisses VTT de 20kg, plus les 4 sacs de 25 kg, et notre sac de raid de 10 kg pour la cabine ! Heureusement qu’on était qu’une seule équipe à partir, parce que dans le train, ça avait du mal à passer quand même !!
Nico : Une bonne séance de team building cette manip de matos… on est en phase.
Greg : Sacré chantier, j’avais l’impression d’avoir mis tout ce qui trainait dans mon garage dans les sacs pour ce raid.
A la gare nous avons rencontré tout plein de bénévoles (qui n’ont rien voulu nous dire…) et Stéphane notre photographe reporter, spécialiste des photos « eaux ».
Les trajets se passent sans encombre, Fred et Nico n’arriveront pas à fermer l’œil durant les 11h de vol, Greg dort à point fermé, et pour ma part c’est moite-moite. Nico : pas facile avec tout ce bruit… mais j’ai quand même réussi à dormir un peu… entre Dead Pool 2 et… Dead Pool 2. Fred : Un peu trop excité pour dormir…
En arrivant à Saint-Denis (Lundi 5 Novembre vers 10h), nous nous mettons en short, t-shirt et claquettes (adieu pull et pantalon !) ; nous avons déjà chaud. Nous devons attendre le vol d’Air France car d’autres personnes arrivent.
Nico : Waouh ! La claque dans le la gueule cette chaleur… et cette moiteur… Une petite sieste s’impose.
Greg : On est étonné de voir un local dormir sur un banc… En pullover. Il a l’air d’être bien alors qu’il fait au moins 35°C comme quoi on ne supporte pas tous la chaleur de la même manière… ni les vagues…
Après 2h d’attente nous montons dans le car qui nous emmènera jusqu’au Village Corail, lieu de vie des Raideurs pendant 2 semaines non-stop ! Village de bungalows, au pied du lagon (mettez un masque et ouvrez les yeux ! sous l’eau c’est magnifique !) à l’Ermitage-les-bains.
Pal mal d’équipes sont déjà arrivées, ont déjà fait le check matériel. Après la fameuse photo officielle sur fond de «RAID IN France IS MAGIC », nous nous attelons au matériel.
Il nous manquera à Fred et moi un Bivy respirable ; on en avait bien un qui respectait le poids minimal, mais non respirable. Recalés. Nico : Ah ben Bravo !!! Du coup c’est Lolo qui nous achète un sac à viande (autorisé) en catastrophe au Décathlon du coin (retour à St-Denis). En échange, nous prêtons altimètre, appareil photo, et téléphone portable !! C’est beau l’entre-aide DSN74 ! Greg : Vu la météo annoncée, on leur demande aussi de nous acheter des ponchos en urgence, c’est plus pratique sous les draches de flotte ! Ça aurait pu servir…

Le mardi 6 Novembre, nous nous consacrons aux courses alimentaires… un grand moment pour les Yogis !! imaginez un mec d’1m90 – 80kg à la louche, des lunettes, Nico pour ne pas le citer, courir dans un supermarché pour nous retrouver Fred et moi (à la recherche de Pom’Potes) pour nous dire que Mr Nathan (vous savez le Néo-Zélandais qui gagne à chaque fois) faisait aussi ses courses en même temps que nous … il l’a retrouvé au rayon frais.. Pour lui demander s’il pouvait prendre une photo avec lui… Le gars super sympa dit oui… mais le plus drôle c’était de voir Greg et Fred !! Cette envie dans leurs yeux de faire cette photo avec leur idole !! Allez-y les gars je fais la photo ! Merci Nathan !! Fred : « THE MISTER RAID »

Nico : dans le genre « boulet », je me tords la cheville (vive douleur et gonflement) en allant chercher en ville un bon rougail-saucisse… VDM. C’est ma cheville à 2 ligaments… A suivre
Fred : Ahahah 1 à 1. Moi j’ai fait ça il y a deux semaines. Ça va mieux, mais je partirai avec un strap.

La cérémonie d’ouverture se fait à 18h, pas mal de speech des élus, les équipes passent une à une serrer la main et remercier ceux sans qui le RIF Réunion n’aurait pu voir le jour. Les capitaines vont chercher le livret des sections : 10 sections en tout 425km 16000m de D+ et un peu plus en descente.

SECTION A – Trek : 106 km – 7600m D+ : De cirque en cirque autour du Piton des Neiges

SECTION B – Packraft : 45 km – 700m D+ : À la découverte des rivières de l’Est

SECTION C – VTT : 41 km – 900m D+ : À travers les champs de canne à sucre

SECTION D – Trek (+ VTT) : 27 km – 300m D+ : Coasteering dans le Grand Brûlé

SECTION E – Trek / 32 km – 3100m D+ : À l’assaut du Piton de la Fournaise

SECTION F – VTT + trek – 51 km – 800m D+: La rivière des Remparts et la côte Sud

SECTION G – Trek (+ cordes) : 3 km : Rappel dans la ravine de Saint-Pierre

SECTION H – Kayak de mer : 37 km : Au large des barrières de corail

SECTION I – VTT : 77 km : 2800m D+ : Le Maïdo et la Savane

SECTION J – Trek (+ packraft) / 5 km : Destination Corail

Nous écoutons avec attention les informations supplémentaires que Pascal donne. Ça fait beaucoup à se souvenir et à comprendre le roulement des caisses : nous avons 2 caisses que nous ne voyons pas en même temps, en plus de la caisse VTT et du sac d’eau. Nous calculons le nombre d’accu, de sac de bouffe à mettre dans telle ou telle caisse. Ça me stresse. Je plane à dix mille, je suis perdue. J’angoisse d’oublier quelque chose.
Ça se termine par un apéro de samossa et de dodo (la bière bien entendu !), suivi d’un fameux rougail-saucisses et au lit.
Nico : Grosso modo, il faut survivre à la première section de Mammouths… La suite semble jouable 😉 Pas mal de cordes sur l’ensemble de la course, ça va être chouette !!!
Greg : Jamais fait une première section aussi énorme. Je me dis intérieurement si on finit cette section, c’est jouable pour aller au bout tous ensemble…
Fred : WOUAHHOU trop bien. HOOWW trop peur.

Le mercredi 7 novembre nous avons jusqu’à 11h pour déposer les 2 caisses, le sac eaux et les caisses VTT avec le bon poids : caisse A 20kg, caisse B 25kg, caisse VTT 30 kg et sac eaux 30kg. Pas 1 kg de plus ! Pas 1 kg de rab non plus !!
A 13h nous partons pour Hell-Bourg, dans le cirque de Salazie, d’où le Prologue commencera et d’où nous partirons le lendemain matin. Nico : Le trajet en Bus vaut son pesant de cacahouètes… Que c’est raide… ça va piquer en VTT.
Fred : Je suis comme un gamin en regardant par la fenêtre du bus. TROP BEAU. C’est quand qu’on part ?!

Le prologue : le « Kour la Rou »
A la sortie du bus à Hell-Bourg, la paysage est fabuleux : des remparts de toutes part, du vert, des bambous gigantesques, des fleurs rayonnantes, et la vue magnifique sur le Piton d’Anchaing. Nous rencontrons Djibril, l’enfant qui va faire la course avec nous. Timide, réservé, il nous montre le maniement du fameux pneu avec les bâtons. Eh bin c’est loin d’être évident quand même. Surtout dans les virages ! Nico : une corde de plus à notre arc de multi-activiste 😉 Fred : Quand on va proposer une section comme ça en métropole !!!
La parade des équipes commence dans une bonne ambiance, la fanfare s’en donne à cœur joie, il fait beau, il fait chaud. La parade nous emmène jusqu’au lieu de départ du prologue : nous récupérons une carte de la ville, et nous comprenons que c’est un relai de pneu qui nous attends. C’est une course à 3 équipes (car les chemins sont petits). Nous la jouons stratégique : ça monte avec un virage, il va falloir jouer des coudes, Fred partira en 1er. Fred : Pourquoi ? Excité moi ? Jamais. Au top départ je me transforme… Il y a quelques virages sur la 2ème partie, Nico gère Nico : non… A fond à fond !!! ; la 3ème se sera pour Greg, car il m’a gentiment laissé la seule section qui était à plat et tout droit (d’ailleurs c’est étrange, mais il y avait une majorité de féminine sur cette partie !) ; et enfin la dernière section imposée par l’orga est pour les enfants. Donc Fred passe le relai à Nico, Fred : Parti à fond dans la cote bien sûr, premier virage je suis devant et me fait rattraper par le 2ème en arrivant sur Nico. Lui, part comme une bombe, ça monte encore un peu. Je suis sec, je n’arrive même pas à le suivre, enfin je reprends mon souffle et reviens au moment où l’on retrouve Greg. Pour lui c’est plus compliqué, surprise, il est tombé sur la section tout terrain ! chemin et escalier, dur dur, avec Nico on est tout excité à l’encourager pour pas se faire reprendre, « aller Greg, à fond », il sent sort bien. Ils arrivent tous les 3 au 3ème relai en même temps qu’une autre équipe (légèrement devant); la bataille continue, le relai se passe plutôt bien pour nous, je repasse devant l’autre féminine (mon seul instant de gloire durant les 8 jours – alors j’en profite), j’essaie de ne pas perdre le pneu, je sens que l’autre équipe n’est pas loin, Fred : « aller Zazou, envoi tout » la légère montée me fait gagner du terrain ; je passe le relai à Djibril qui part à fond les ballons en montée – on a du mal à le suivre ! Nico me prend la main et m’aide, les cuisses commencent à chauffer sérieux ! Franchement partir en plein sprint sans échauffement véritable, c’est un coup à ne jamais repartir le lendemain ! En tout cas Djibril, chapeau bas ! Le top du top !! il nous a fait gagner haut la main !!

Aller petite glace pour récupérer de l’effort ! Faut pas déconner ^^ ! Fred : Un indispensable. Nous avons fait un prêt auprès d’une bénévole car nous n’avions pas pris d’argent pour le prologue… Nico : merci Isa
Juste avant le repas, annoncé tout en musique, nous voyons les résultats du prologue : 6ème !! Wouhaouuu !! Avant Avaya ! On les verra nous doubler certes, mais on les verra au moins une fois dans la course !! Nous sommes heureux. Il nous en faut peu. Et puis le temps d’aller chercher le repas, les résultats ont été revus… Je ne me souviens plus exactement de la position, mais grosso-modo c’est plutôt 6ème en partant de la fin que nous partirons le lendemain matin !! Ça parait plus logique quand même ! On ne verra donc jamais passer l’équipe Néo-zélandaise !! Nico : ça paraissait trop beau… sur un parcours aussi peu sélectif… Pas grave ça nous a fait bien triper d’être 6ième virtuel.

Petite nuit, sur un karimat gentiment prêté par l’orga pour la nuit, au sec et avec tous les ronflements des raideurs ! Au petit matin nous avons même le droit à un petit déjeuner de l’orga !! Franchement c’est bien le RIF ! Nico : mais ça va pas durer 😉 Sinon je pense que les presque 3 jours sur place auront permis de s’habituer un peu au climat… reste à savoir comment vont réagir les organismes en plein effort…
Greg : C’est magique ce raid, un prologue avec les locaux, une superbe petite bouffe locale avec choix de différents rougail, une nuit avant le départ où Pascal nous a même apporté un tapis de sol pour chaque équipe et un petit déj le matin du départ… je me demande ce qu’il nous a préparé ce pascal pour nous offrir tant d’attention avant le départ …. On va être servi pour le dessert ! Fred : C’est quand qu’on part, je n’arrive pas à dormir.

SECTION A – Trek 106 km – 7600m D+ : De cirque en cirque autour du Piton des Neiges

Jeudi 8 Novembre, 6h00 le départ a sonné. Nous regardons les équipes partir passer. Nous partons vers 6h25. Il faut courir jusqu’aux cartes, on est filmé. Nous partons rapidement. On est dans le flux des autres équipes. Surtout une : l’équipe 46 – ROC MECOJIT BDF. Ils commencent à nous chambrer pour une histoire de théière, d’infusion, Nico a de la répartie et leur demande s’ils n’ont pas abusés du Rhum, nous les surnommons les « Mojitos » (les mêmes lettres mais dans un ordre différent !). Nico : une vraie amitié c’est créée au fil des Rif avec ces 4 boute-en-train… On va sans aucun doute les revoir ces asticots…
Ça monte. Le sac est lourd. J’ai 14 kg sur le dos. On est parti d’un bon pas, c’est moi qui impose mon propre rythme. Je veux rester au contact des équipes le plus longtemps possible. Je souffle. Le sac est lourd. Nico : et c’est une grosse erreur… Plutôt bâtie comme un Nico que comme un Greg, on n’a naïvement pas allégé Zazou… pas sympa et surtout pas efficace. Greg : En plus nous avec l’habitude on sait que le sac on finit par ne plus le sentir après une vingtaine d’heures, mais on n’y est pas encore. Fred : La Zazou, toujours du mal dans la gestion de l’effort pour les départs. On est parti pour 60h comme ça. 1h plus tard, nous attaquons la 1ère coupe pour accéder au canyon et aux premières cordes. C’est la forêt primaire : nous avons le passage des équipes qui sont passées avant, mais c’est tout. Nico : j’adooooooore !!!! Fred : Le pied, trop bien, trop bien. C’est vert de chaque côté, on fait attention pour se tenir, des sortes de vignes avec des épines sont régulièrement visibles. Fred qui est devant est à l’aise. Il a le pied sûr. J’essaie de le suivre, mais j’ai l’impression que je vais tomber à chaque pas. Ça glisse, c’est humide, le sac est lourd, il me ballotte d’un côté puis de l’autre, et je n’arrive pas à suivre Fred. Je serre les dents. Fred me dit de sourire. Je n’y arrive pas. Je suis un boulet qui n’a rien à faire dans un RIF.
Nico : non non, tu as ta place ici… Nous t’avons choisi pour l’aventure… c’est nous les boulets de te mettre dans le rouge aussi vite… Toutes nos excuses… Surtout une finale. C’est dur. C’est lourd. Greg est gentil et me dit que le rythme lui convient. Mais quand même, on n’avance pas bien vite. Fred galope devant. Nico ferme la marche. Fred : je suis devant, je m’éclate, tout ça me plait vraiment, j’attends de temps en temps pour les voir revenir sur moi et je repars. Dans mon excitation je ne me rends pas compte que Zazou et déjà dans le rouge. Je suis content car on a déjà pris une meilleure option sur d’autres équipes qui sont parties bien avant nous. On les voit sortir de la végétation à coté de nous déjà bien griffés. Et moi je souffle, je souffre déjà. Et derrière les autres équipes sont là… Et puis là c’est le drame ! Chute ! Chute en avant ; un direct sur les 2 genoux et bim ! Greg : Vu la chute, je me suis demandé si y a avait pas un truc de cassé, mais Zazou est solide, on repartira après le passage de presque toutes les équipes. Et le poids du sac qui m’embarque dans les vignes… ça pique, ça griffe, j’ai mal à l’épaule, j’ai mal aux genoux. Les garçons m’aident à m’assoir, je grimace, je pleure (je pleure assez facilement). Un flot d’équipes passent devant, Marine tout en me demandant comment ça va, tombe juste à côté mais sur les fesses. Je peux tout bouger c’est bon signe. Les mains saignent déjà, mais ce ne sont que des égratignures, elles en ont vu d’autres. Les genoux par contre je m’en méfie. Une chance, je suis robuste et je ne me casse jamais rien. Des contusions oui. On repart. Les genoux craquent. Mais c’est bon, ça fonctionne. Les garçons me prennent des affaires. Ça va mieux.
Nico : Il aura fallu cette mauvaise chute pour qu’on se rende compte. Dans l’euphorie du départ, on était à bloc… chacun dans sa bulle. Team First… Voilà, on va ajuster le tir… C’est reparti sur de bon rail cette fois.
Fred : Je l’aide à se relever, elle est à plat ventre sac sur le dos. Un petit bilan, ça à l’air d’aller, mais elle est déjà bien marquée par l’effort. Je me sens un peu responsable, c’est moi qui l’ai embarqué là-dedans. Il faut ajuster le tir comme dit Nico. On temporise un peu, je récupère, quelques affaires trop lourdes de son sac. Et on repart un peu plus tranquille.

Nous arrivons très peu de temps après aux premières cordes. Premier rappel. Dans l’eau forcément ! Je me demandais à quel moment on aurait les pieds mouillés… Bin voilà. C’est fait. Même dans le sac, il vaut mieux faire en sorte que tout soit au sec. Nous voilà dans les petits rappels, puis de nouveau de la marche, le « chemin » est plus dégagé, on avance un peu plus vite. Encore quelques rappels, avec les copains guides des garçons. Les rappels sont mignons, l’endroit est très beau. Les genoux vont, l’épaule ça va. Donc c’est bon. Nous sortons de ce canyon 5h plus tard. Nous avons fait 5km. Nico : magnifique première partie de course… ça promet pour la suite. Fred : J’adore l’ambiance. Par contre 5km en 5h sur un trek de 106km !!! Pascal nous attend tout sourire. Nous sommes dans les derniers. Mais tant pis c’est comme ça.
Il m’a fait du mal ce petit canyon. Je n’ai encore rien mangé. Je n’y arrive pas.
Nous repartons direction le parc national : ouf !! Cela signifie que nous sommes obligés de suivre les GR !! Plus de coupe ! Mais ça monte, ça monte, ça monte, et il fait chaud, moite, et il faut faire attention à nos pieds. J’en chie. Je commence à avoir la nausée, le ventre ne va pas bien. Je n’arrive pas à manger. Même boire c’est compliqué. Nico et Fred me prennent mon sac pour le reste de la montée. Ça va mieux pour moi, mais j’ai honte. Je ne suis vraiment pas fière. Et je ne me suis jamais aussi mal sentie sur un trek que là. Je n’arrive pas à sourire, ni même profiter pleinement des paysages. C’est dommage quand même. Nico : je suis mal pour Zazou, on la voit à la peine, mais on ne peut pas faire plus… vivement le CP qu’on se pose un peu… et qu’on mange un truc chaud. La chaleur humaine des bénévoles sera aussi la bienvenue… Fred : Zazou est à la peine, mais ça ténacité la fait avancer. Le fait de ne plus avoir de sac et la pente qui se fait plus douce elle reprend le dessus. Elle passe même devant nous ! On arrive en haut de Salazie au CP dans le brouillard. On s’y arrête manger (la soupe passe). Une autre équipe y est aussi. On apprend qu’ils ne repartiront qu’à 2. Une autre équipe (sud-africaine je crois – 3 filles 1 garçon) ne s’arrête pas au CP. Nous sommes donc définitivement les derniers de la course. Tant pis. Fred : La petite pause nous fait du bien à tous du coup, une bonne soupe et nous repartons, il fait froid et mieux ne vaux trainer là.
Une longue descente dans le cirque de Mafate nous attend. J’ai repris mon sac à moitié vide. On avance mieux. Ça descend. On retrouve l’équipe 100% féminines Les louves des 2 Alpes. La vue est malheureusement cachée par la végétation dense, et par le brouillard.

La nuit tombe, nous allumons les frontales et récupérons l’équipe sud-africaine. C’est étrange, ils ne mettent pas leur frontales… c’est dangereux quand même. Le chemin est à flanc de falaise. C’est osé. Nico : Nyctalopes… par contre, ils se trainent vraiment… allez hop, on enchaine… On arrive finalement au CP.
Fred discute orientation avec la chef du village, qui le conforte dans son choix. Nous allons faire tout le tour, a priori le chemin le plus simple, pour atteindre Marla. Nico : le local… une valeur sûre. Fred : Arrivé au CP, pendant que tout le monde décompresse avec les bénévoles, je sympathise avec la chef du village et essai de savoir si mon choix d’orientation est bon. Pas toujours facile de savoir, car ils ont du mal à se rendre compte des distances que nous devons faire. Mais elle me laisse comprendre que c’est une bonne option. Je fais trainer un peu car je veux laisser partir l’équipe sud-africaine avant et tant qu’à faire dans l’autre option….Voilà ils sont parti de l’autre côté, discrétos on file. Eh, on ne se refait pas, les orienteurs, toujours un peu malicieux… Greg : Sont sympa les locaux, mais à chaque fois ils sont déçu de ne pas avoir été prévenus, sinon ils nous auraient accueillis en musique. Nous descendons, marche après marche (et pas des petites) sachant que tout ce qu’on descend il faudra le remonter après avoir passé la rivière. Nous sommes en pleine nuit, pour l’instant le sommeil ça va. Nico : on croise nos premiers tangs = hérisson malgache. Trop mignon… et pas trop sauvage… On en recroisera assez souvent la nuit tout au long du parcours… Greg : Bizarrement ce sont les seuls mammifères que nous ayons croisé sur ces terres dont la flore nous surprenait par la diversité. Fred : Moi j’ai entraperçu un gros truc traversé le chemin devant nous. Mais je ne dis rien, je ne veux pas inquiéter les autres et moi aussi du même coup.

Nous traversons la rivière, et la montée se fait sentir… Et les descentes aussi… Nous faisons des montées-descentes de 150 à 200m de D+ pendant les heures suivantes. L’échelle de la carte 1:50 000 ne permet pas de voir ces différences de variation de terrains. Ça casse. On se demande quand ça va finir ces hauts-bas. Nico : notre option s’avère être la bonne car le tracé plus direct était constitué de vraies montagnes russes. Fred : Ouf c’est bon, content pour l’équipe. Le sommeil commence à vouloir prendre le dessus. Nico n’a pas sommeil. Fred veut avancer au moins jusqu’à une intersection afin de couper le dénivelé qu’il nous reste à faire en 2 pour arriver à Marla. Sur le côté, des équipes ont trouvé des endroits où s’allonger pour roupiller. A cette intersection, il y a assez de place pour nous 4 allongés et laisser les autres passer. Nous sommes sous des pins, donc pas d’humidité. C’est grand luxe. On s’arrête. On dort. Nico : 30 min… c’est bien, non ? Ça a fait du bien. On se fait un peu réveiller par les Mojitos, qui ont dormi avant et qui avaient pris un autre chemin. Nous les redoublons un peu plus haut, ils refont une petite sieste. Nous redescendons direction la rivière des galets, avec la cascade des 3 roches. Nico : les mojitos nous rejoignent, ça chambre un peu… normal quoi… Fred : C’est le matin, et nous découvrons un superbe paysage.
Magnifique.

Maintenant, il n’y a plus qu’à monter jusqu’à Marla, et ensuite encore monter jusqu’au col du Taïbit. (2140m). Il fait chaud. Le soleil cogne. Tient, du soleil !! Nous pouvons enfin admirer le cirque de Mafate ! Et j’avoue c’est quand même super beau ! Notre montée sur Marla se fait au rythme des hélicoptères, soit de touristes, soit de ravitaillement. A Marla, nous découvrons une boulangerie ! FRED, UNE BOULANGERIE !!! Eh non raté, ne pas oublier que nous sommes dans les derniers, et donc par conséquent, il n’y a plus grand-chose à manger !! Bon on va au snack du village alors. Et nous retrouvons pas mal d’équipes ! Ça fait plaisir !! Et ça me rebooste. C’est bête, mais ça me fait grave plaisir quand même !! Un énorme sandwich jambon fromage chacun, nous repartons récupérer les autres équipes qui sont devant. Col du Taïbit en vue. Dernière montée avant d’attaquer Cilaos.
Et petite photo souvenir avec le sourire Nico : Ah… Pas mal de monde sur cette partie, on a repris un tracé classique du « tour des Cirques », c’est motivant car les encouragements fusent… Greg : C’est surprenant de voir autant de monde sur un RIF mais ça valait le coup de passer dans Mafate tellement c’était beau. Fred : On fait des pauses juste pour le paysage, nous sommes dans une course mais on sait profiter.
Une fois passé Taïbit, nous redescendons direction une section de cordes. C’est bien, ça va changer un peu. Bon on y est pas encore. Il faut redescendre les 2000m de dénivelé. J’aime bien c’est roulant, j’ai envie d’aller plus vite. Je ne m’en rends pas trop compte mais j’accélère. Il ne faut pas, Fred me dit d’attendre un peu. Greg a un peu plus de mal en descente. Fred : OOhh elle s’emballe avec ces grandes jambes, mais ça fait plaisir de la voir devant, et en forme. Du coup j’en profite pour voir si un demi-sandwich acheté à Marla passe. Doucement. 30 min plus tard c’est bon. Ça fait du bien. Je passe une bonne journée, je profite des paysages, et on récupère quelques équipes ce qui fait toujours plaisir ! La descente est longue : au loin l’autre côté du cirque, en face sur un plateau c’est Cilaos, et avant, ça descend. Ça descend dans un trou. Nico : longue descente dans la chaleur… c’est toujours mieux que la montée. On profite bien du paysage… La vue sur Cilaos est à la fois réconfortante, mais c’est encore bien loin… Fred : Quelle est longue cette descente !
Un petit sentier balisé de rubans roses nous emmène à cette deuxième partie de corde. Fred : Rubalise, rubalise il faut les trouver les rubalises…. Et on arrive sur une grande dalle de roches magnifique, des vasques d’une eau cristalline et ça donne envie de sauter dedans. On nous annonce 2 rappels : un de 30m suivi d’un de 90m… Equipements : casque, gants, baudrier, huit, longe… et c’est parti… Fred part en premier. Il a des papillons dans les yeux, Fred : Trop bien, trop bien, je veux y aller. Nico suit avec l’appareil photo, je demande à Greg si ça ne le dérange de fermer la marche, parce que quand même 90m ça fait haut ! Gentiment il accepte, et je descends le rappel de 30m pour retrouver Claire au changement de cordes. Un grand merci à toi Claire, et un grand merci à tous les bénévoles pour ce que vous nous avez préparé et l’attente des derniers ! Changement de cordes effectué, il faut descendre dans un petit trou (ça frotte un peu avec le sac) pour se retrouver suspendue à 90m de haut entre deux falaises. Il n’y a plus que mon huit et moi qui pouvons me descendre. Il ne faut pas lâcher, il faut respecter la consigne : une main après l’autre, sinon ça chauffe les mains ! C’est haut et impressionnant, mais que c’est beau !! Que de souvenirs ! Nico : Grosse ambiance ce rappel… pas de contre-assurance… Comme dirait les copains : je ne fais pas le mariole… La descente parait interminable… ça chauffe bien les mimines… Les 20 derniers mètres passent mieux, je me détends enfin… Fred : J’attaque le premier rappel pour retrouver Claire, « hello, comment va ?» sympa de la retrouver là. Chapeau d’avoir passé la nuit à équiper les raideurs. Puis il faut poursuivre, je suis aux anges, j’adore cette ambiance. C’est partie pour la vraie descente. J’ai déjà fait des grands rappels impressionnants, mais celui-ci est d’une splendeur… Passer de « l’extérieur » se glisser entre deux rochers et se retrouver sans vraiment si attendre suspendu à cette très petite corde (solide ?) à 90m du sol. Ouhhaou. L’ambiance, le rocher est magnifique, il y a une couleur, une lumière, l’eau en bas… Bon il faut descendre et j’avoue que j’ai fait la descente tranquille, tranquille pour dire, doucement, concentré en tenant fermement ma corde. Je pense aux autres. Nous avons tous vécus un grand moment, stressant, intense, mais que c’est beau. Une fois tous les 4 arrivés en bas, dans l’eau (on avait séché.. tant pis), on se sent tout petit devant ce splendide cadre. On aimerait rester, mais il faut avancer. Il faut remonter sur Cilaos. Ça monte. Cilaos, enfin. Il fait chaud. En ville, nous tombons sur une boulangerie, et il reste des viennoiseries… Humm le top !! Fred : Du pain, du pain… On trouve des fruits aussi, ça fait du bien. Nico : c’est toujours un peu étrange de retrouver la civilisation… étrange, mais c’est aussi l’occasion de se faire plaisir « culinairement ». Du baume au cœur… Fred : au ventre… Et puis le CP. On retrouve pas mal d’équipes, et des morceaux d’équipes. Je trouve ça étonnant de voir le nombre d’équipes qui ont déjà abandonnées, alors qu’on en est qu’au 2ème jour. Du coup je suis contente de nous trouver tous bien. Au CP on mange, on soupe et on bolinone surtout !! On profite de l’herbe et de la chaleur pour faire un petit somme avant de repartir. Et nous repartons vers LE sommet. A l’attaque du Piton des Neiges, point culminant de l’île à 3071m… Nico : on prend bien le temps de se restaurer (chaud c’est un peu plus lourd, mais c’est bien), reposer, et de faire respirer les pieds. 2000m de D+ nous attendent… dont le célèbre coteau Kerveguen.
Mais quel chemin de barbares pour monter jusqu’à la crête ! Et heureusement que nous sommes passés de nuit !! Le chemin monte petit à petit et ça monte de plus en plus. Le dénivelé passera vite au moins ! Et puis on commence à être embêté par les bâtons ; on les range ; et on met les mains par terre, on s’accroche aux cordes dès qu’il y en a, on profite des échelles, et on monte. Woouahou mais quelle montée !! Fred : en arrivant au pied de cette montée, j’avais l’impression d’un mur qui se dressait devant moi dans le noir. Je regarde la carte à plusieurs reprises, si si il y a bien un chemin qui passe là. La trace est évidente mais quelle montée. Entre les montées raides raides et les arrêtes aux descentes vertigineuses de chaque côté, heureusement qu’il y a de la végétation partout. On se dit que l’on arrivera bien à s’accrocher quelque pars si on perte l’équilibre. Vraiment dommage de passer de nuit, le spectacle doit être top. Hein Zazou. Ah tient un petit panneau en guise de pierre tombale, à la mémoire de Mr xx trailleur lors du Grand Raid (en fait c’est juste un trail un peu grand qui se passe tous les ans à la Réunion !) … Et c’est pentu !! Et que je suis contente de monter ça et de ne pas avoir à le descendre !!! On récupère une équipe locale dans cette montée. C’est bien. Doucement mais sûrement. On arrivera à 4. En arrivant sur la crête on retrouve une équipe belge…avec leurs frites froides ! Si si c’est possible ! ^^. Nico : Nous aussi, on a la frite 😉
Pour arriver jusqu’au refuge, le chemin est un peu plus roulant, on accélère un peu le rythme, et de nouveau je ne me sens pas bien, la nausée revient ; la valse des lumières dans la nuit (ma propre lampe) me donne la gerbe et m’endort. C’est bizarre. Les garçons me demandent ce que je veux faire au refuge, moi ? Vomir… j’en suis également incapable. J’ai froid. Je sens que Nico a envie de faire l’aller-retour tout de suite, Greg ne dit rien, et Fred a mal pour moi je crois. Finalement les garçons décident de passer quelques heures au refuge, pour que je puisse dormir et manger au réveil. Nuit froide au milieu de dizaines de raideurs qui dorment avant de monter, ou qui en sont déjà au retour. Nous croisons l’autre team 100% DSN. Ils ont l’air un peu cassé aussi, Lolo a l’air de souffrir ; Flo lui masse les jambes. Je ne pensais pas les revoir ; ça me fait plaisir de voir qu’ils sont toujours à 4 eux aussi. Nico : J’aurai bien enchainé, mais le timing, la forme de Zazou et le refuge nous attirent dans les bras de Morphée. C’est un peu le radeau de la Méduse dans le refuge… Fred et Zazou se glissent sous une table pour dormir dans le réfectoire. Avec Greg, on trouve une douche chacun… j’aurai l’option bouillote avec un chien qui viendra partager ma/sa chaleur. Plutôt agréable, malgré la prise quasi directe sur l’extérieur, où ça pelle bien. Je suis content de porter 600g de duvet depuis le début de course. Quel contraste de température (Altitude 2478m). Fred : Oui je sens bien que notre Zazou est dans une mauvaise passe. Après la montée très raide ou elle a bien assuré, la petite traversé à plat pour rejoindre le refuge qui était en fait, très longue et bien pentu, à attaquer le morale de tout le monde. Dommage car l’option de faire l’aller-retour avant le repos me semble bien. Mais là il faut faire un break. Oui le radeau de la Méduse est le bon terme. Je me couche contre un mur, très froid et passager ! puis une heure plus tard lorsque qu’une équipe part je vais rejoindre Zazou sous une table, c’est plus tranquille. Un petit coucou à Marine qui décolle. Vers 4h, au réveil, je me marre car il y a les touristes sortent de leurs dortoirs pour déjeuner qui ouvrent de grands yeux en voyant le capharnaüm entre les raideurs et les sacs en tous sens.
On dort, enfin je dors 2 fois 1h je crois. Ensuite réveil, et on essaie de manger histoire de prendre des forces pour le Piton. Raté, je n’avance pas, une calamité. Sur un chemin de randonnée classique où on est censé doubler tout le monde, je suis à la même vitesse qu’un touriste. C’est un peu démoralisant. En montée nous croisons les Mojitos qui redescendent déjà. Côté positif, on arrivera 15 minutes avant le lever de soleil en haut du Piton, ce qui signifie qu’en descente nous pouvons profiter du soleil qui se lève au-dessus des nuages, splendide. C’est la seconde fois que j’ai la chance de voir ça dans ma vie, et c’est merveilleux. Je vous le recommande vivement. Nico : just magic ! Fred : On traine un peu en haut pour vivre pleinement ce moment. Le top. Allez on redescend.
Au refuge, on se ravitaille en chaud, du thé, et en sucre : snicker, kitkat, bounty, … et on repart. Les Mojitos, se réveillent. En 15 min le soleil a disparu laissant place à une bruine. Le terrain est une gadoue, ça glisse énormément, les genoux ont mal. Ils craquent. Je n’aime pas ce que j’entends. Faut que ça tienne. Il n’y a pas d’autre issue. Et petit à petit la pierre volcanique laisse place à une forêt majestueuse ; qui se transforme en jungle. Mais une gentille jungle. Il n’y a rien qui pique, il y a de la mousse partout, et on passe de jour donc sans les moustiques. Les troncs sont recouverts d’un mètre de mousse, des fougères primaires nous en font voir plein les yeux. Le chemin est chaotique, tous les 10m il faut faire attention aux marches glissantes pleines de boue, aux échelles à désescalader pour le moment, s’accroupir pour passer sous les racines d’un arbre, ou à l’enjamber. Et les genoux craquent à chaque flexion-extension, et on en fait ! J’adore cet endroit, c’est d’une beauté !! Mais ce serait bien qu’on termine cette première section quand même. Fred ne voudrait pas trop trainer ici, enfin d’éviter d’y être encore la nuit prochaine ici, parce que sinon on ne va vraiment pas avancer. Fred et Nico sont à l’aise dans ce chemin, Greg et moi sommes plus à la peine. Une fois le chemin descendu et le petit ruisseau traversé, il faut remonter…de la même manière : en mettant les mains par terre pour se hisser, en s’aidant des échelles – mais qui les as mises là ? Il y a une histoire d’habitants réfugiés derrière ses échelles, nous ne l’apprendrons que plus tard. Dans cette jungle, nous retrouvons les Belges, les Louves, les Mojitos. Fred : Cette journée fut incroyable, parti du piton des neiges au lever du soleil nous nous sommes enfoncés heures après heures dans une végétation toujours plus dense. Des chemins évidents avec des passerelles, la progression se faisait de plus en plus compliquée. Ce n’est plus vraiment la relation carte terrain qu’il faut suivre mais seulement trouver la trace dans cette végétation envahissante. C’est vraiment magnifique, ces arbres, ces branches, ces racines, on ne sait pas quoi est quoi, l’ensemble est recouvert pas une épaisse mousse qui grossi chaque chose. Une simple petite branche devient énorme et raccrochée à autre chose. Nous marchons parfois au bord d’une falaise, que l’on a du mal à distinguer tellement il y a de la végétation. Et je me rends compte que nous sommes passés littéralement au-dessus du vide sur des racines enchevêtrées. C’est énorme. Je voudrai y retourner juste pour ça. LE chemin que je veux refaire si je reviens à la Réunion. Il n’est pas dans les bouquins celui-là.
Puis la végétation se fait moins dense, mais le terrain se transforme en sentier de boue. Il faut faire attention où poser les pieds – on m’a toujours dit de garder ses pieds propres le plus longtemps possible ; du coup le rythme ralenti encore. Et puis finalement on sort de cette zone. Comme par enchantement. Dernière petite descente un peu raide, pour finalement nous retrouver sur la route (bitumée) qui nous conduiras au CP, pardon à l’AT !!
Nico : petit concentré de montagnes russes juste avant de déboucher sur la route… Après quelques minutes de goudron, on fait une petite pose tous les 4 allongés sur la route pour profiter d’un feu d’artifice… Improbable… Sur la route, de nuit, il faut faire attention à son orienteur… méga concentré sur sa carte, notre Fred national n’a pas vu le virage et est tombé tête la première dans le caniveau (1m de profond) ; il en ressort avec quelques égratignures, mais en perd un peu son latin et nous fais partir dans la bonne direction pour nous dire qu’il s’est trompé, repartir en arrière et finalement grâce à une équipe retourner là où on était.. Je raconte cette anecdote parce que Fred ne se trompe que très rarement en orientation… Qu’est qu’il est fort notre orienteur !! Nico : Vraiment trop fort !!! Fred: Oui pas bien fier de mon aller-retour de 200m. Mais je vais me rappeler longtemps de cette gamelle mémorable. Le nez sur ma carte, dans le noir, marchant sur la route, donc vraiment relax lorsque l’on sort de la jungle. En une fraction de seconde sans rien comprendre, je me retrouve allongé sur le ciment un bon mètre plus bas. Rien compris, qui a enlevé la route de sous mes pieds ? J’entends Zazou sauter devant moi pour voir si je me suis fait mal. J’ai impressionné mon monde, moi aussi. Je suis très étonné de n’avoir presque rien. Les fossés ne font pas rire là-bas !
Enfin l’AT. Notre première transition. Cela fait 2.5 jours et nuits que nous sommes partis. Nous sommes le dimanche 11 novembre il est environ minuit. Nico : Très sommaire cette AT : un champ, un robinet d’eau et des toilettes… mais des bénévoles toujours aussi accueillants. Fred: Enfin fini cette première section, whouaou. C’est du RIF costaud… Il nous reste 9 sections à faire. Ça va être chaud ! Nous préparons nos affaires avec le matos de Packraft et Cordes et 2 jours de bouffe, nous mangeons une soupe et un bolino, et on s’installe pour dormir. Nico : Nous avions préparé nos affaires avant de dormir… Forcément, et posé 3 heures de sommeil. Bien mérité… Il a un peu plut cette nuit. Au petit matin aussi, ce qui nous ferra nous dépêcher un peu pour partir.

SECTION B – Packraft 45 km – 700m D+ : À la découverte des rivières de l’Est

Afin d’accéder à notre première section d’eau vive, nous repartons au petit jour par un petit treck de 20 min en suivant le balisage des rubans roses pour descendre à une magnifique cascade. Fred et Nico portent tout… Packraft, pagaies, cordes à lancer … ils sont pas loin des 30kg chacun.. Ils sont forts.
En arrivant au rappel, Nico offre aux guides une petite fiole de Rhum offerte par les Mojitos… et une bouteille de rhum !! Greg : Bien content de revoir les guides, ça papote, on apprend même que pour leur raid gauloise ce ne sont pas des packrafts qu’ils devaient porter dans la jungle mais bien les metzelers, ça doit peser environ 50 kg c’te bestiole. Du coup on se dit que le RIF ce n’est pas tant pire et que Pascal prend un peu soin de nous !!! Fred: Oui enfin avec Nico on porte des gros sacs. Mais surtout pas bien préparé, un peu attaché vite fait, du coup le poids me tire en arrière. Pas bien pro tout ça. Petit rappel de 30m, facile, on se sent à l’aise maintenant après celui de 30+90m ! Il se termine dans un bassin qu’il faut traverser à la nage. Ce sera LA section nage du RIF … 20m à faire ! et dire qu’en plus c’est Fred qui m’a fait mon attestation de nage… un comble ! Fred: hé hé quel plaisir de te faire ça Zazou. Toi qui m’apprends à nager ! Greg : Enfin, ça permet de nettoyer un peu la chasuble qui commence à dauber! Nous ressortons de l’eau et retrouvons un sentier qui longe la rivière du Mat. Puis place au gonflage des packrafts sur un gros rocher, où nous croisons nos amis les Mojitos.
Il commence à pleuvoir. Nous descendons. Nous appréhendons les rochers, car lors de notre entrainement et validation d’acquis de descente de rivière, Greg et Nico ont explosé leur packraft… pourvu que ça ne fasse pas la même chose ! Greg : Une bonne dizaine d’heures de réparation 2 mois avant le RIF, nous n’étions pas trop serein sur le fait que la réparation tienne le coup !!! 1er rapide, Fred passe et nous arrête sur une plage de cailloux pour faire notre premier vidage de packraft … il y en aura des centaines d’autres ! Nico et Greg prennent leur premier bain. Nico : premier rapide… instant de vérité pour la réparation… ben merde je ne maitrise rien… Cravaaaaaaate !!!!! Bon finalement le bateau a tenu et je me rends compte que ma pagaie est mal fixée… et les 2 brins se baladent l’un dans l’autre… d’où le souci de contrôle… Une fois fixé tout devrait passer crème ;-). Greg : Ah oui, pour fixer les 2 brins d’une pagaie ultra light carbone faut pas du lourd, donc un bout de scotch devrait suffire, enfin ça aurait dû! Nous récupérons leurs sacs, le second jeu de cartes, nous vidons et nous repartons sans que personne ne pense à vérifier derrière si nous n’avions rien oublié… grave erreur ! Nico : Dommage !! Greg : Déjà pas bien lucide, j’aurai dû ramasser le porte carte de Nico ! Fred : Ça promet, premier rapide un des deux bateaux retourné, ça met dans l’ambiance.
Arrivés au CP, il y a un petit portage à faire. Nous rattrapons une équipe espagnole. Le moral est bon. Même s’il pleut à fond, on s’en fout, on est dans l’eau et ça nous lave un peu !! Greg : Bin moi je me rappelais même plus qu’il avait plu, tellement il faisait chaud ! Fred : Si si il pleut vraiment fort même. Cette première partie c’est bien passé. On a pris confiance dans nos Park raft. Ils ne sont pas si fragiles en fait.
Packraft jusqu’à la mer se passe très bien. En arrivant à la mer nous rattrapons une autre équipe, sud-africaine cette fois. L’ambiance est bonne et détendue. C’est également là que Nico nous fait une blague : « euh les gars, je crois que j’ai paumé le second jeu de cartes et le roadbook… » non non ce n’est pas une blague, c’est la vérité… nous n’avons plus que la carte de la section packraft mais sans les description des balises. Le RIF c’est déjà compliqué, mais là sans roadbook, ça va être encore plus dur !!
Afin d’arriver complètement à la mer, il faut sortir de la rivière, donc dégonfler et ranger les packrafts et rejoindre le chemin. En escaladant les 4m qui nous séparent du chemin, Nico perd l’équilibre et le poids du sac l’embarque en arrière ; il chute sur les rochers et arbustes morts. Il est tombé sur le sac, mais quelle chance bon sang !! Il se relève sans rien. Je suis impressionnée. En plus, il garde le sourire notre capitaine. Qu’est-ce qu’il est costaud notre capitaine !! Nico : C’est le bon chemin alors c’est cool… Toujours garder le sourire surtout quand tu passes pour une quiche… P… il est lourd ce sac !!!! Greg : Allez je vais faire mon fayot, les branches étaient pourries ça a lâché au moment où le quintal s’est mis à tirer dessus et la crac ! Fred : Zut j’ai raté la chute, alors pas pu me marrer. Avec le Nico on aime bien rigoler. On est toujours prêt à faire n’importe quoi pour ça…
En allant à la balise nous croisons les Mojitos, et nous leur demandons s’ils veulent bien que nous fassions des photos de la carte et du roadbook. Gentils comme tout ils acceptent ; et ils en plus d’accepter, ils nous passent la dernière carte manquante ! Des Zamours. Ils nous proposent de continuer ensemble ; il faut juste arriver à CP8 le plus rapidement possible pour rejoindre la chérie de Seb (l’un des Mojitos) avant la barrière horaire. C’est ok. Sur le principe. Dans la vraie vie du raid, il faut regonfler les packrafts pour attaquer la remontée de la rivière des roches. Elle porte bien son nom je trouve. Nico : on en profite pour recopier le road book avec Greg, c’est bien mieux qu’une photo… Greg : C’est là qu’on découvre que les feutre indélébiles c’est bien mais ça n’écrit pas sous la pluie… Fred : Ahh tu vois Greg qu’il pleut. Moi je gonfle les packrafts avec Zazou pendant qu’ils font leurs dictées… Longue montée alternée de partie navigable et de partie portage de packraft. Enfin le portage c’est Fred et Nico qui s’en chargent, les 4 pieds sûrs de l’équipe. Greg et moi on en chie à marcher sur les rochers glissants. Ça nous demande beaucoup d’effort, les jambes tremblent. Mais il faut avancer avant que la nuit ne tombe, et qu’on se retrouve en Dark-zone. Alors on avance. Fred : Avec le Nico et les bateaux sur la tête, on saute de rochers en rochers, on s’éclate en fait. J’ai l’impression d’être dans un labyrinthe, on passe en équilibre d’un rocher à l’autre en essayant de ne pas tomber et progresser sans avoir à faire demi-tour ou être obligé à poser le bateau. C’est à celui qui trouvera le chemin le plus direct. On a un peu de chance car aucun de nous tombe, il en faut un peu de temps en temps. On rattrape les sud-africains et les Mojitos. Cette rivière est magnifique. Nous voyons des falaises se terminer en orgues basaltiques, dans des tons d’ocre ; nous voyons des arbres accrochés aux falaises, ne laissant pendre dans l’eau qu’un morceau de racine. Fred : Incroyable, je reste scotché devant cette nature incroyable. C’est très beau. Nous remontons cette rivière toute l’après-midi ; pour enfin arriver à la Cascade la Paix. C’est grandiose. C’est apaisant. On s’y sent très bien. Nous comprenons pourquoi Pascal nous a fait passer par là ! Et nous le remercions, lui et tous les bénévoles !! Nico : sans doute la section la plus exigeante mais aussi la plus incroyable ce RIF… on est bien en expédition… j’adore ! Fred : Oui là on ressent vraiment le but de notre progression. Arriver devant cette cascade après toutes ces heures de progression. C’est Magique.
Le temps de plier les packrafts et de refaire nos sacs, les pieds essayent de sécher, les chaussures aussi… Nous repartons sur un trek avec nos amis les Mojitos. Nous longeons dans les hauteurs la rivière afin de sortir de son lit et nous retrouver dans les champs. La nuit est tombée. Nous peinons à trouver une micro trace qui nous emmènerai à la route et le CP. On jardine un peu. Le sommeil se fait sentir pour beaucoup. Chaque minute où je peux m’assoir et m’endormir, je le fais. Je n’ai pas compris comment on fait pour lutter contre le sommeil. Nico : Notre incapacité à trouver la nano-trace va nous faire faire le tour du propriétaire… P… de sac, Un poil light mon Raid 38 de Wilsa, ça ruine bien les épaules… Il faudra réfléchir à un autre système de fixation plus tard… Pour éviter de trop fatiguer ceux qui portent les packrafts, les têtes pensantes des équipes (les orienteurs) décident de poser les sacs et de rechercher le chemin. Les autres en profitent pour dormir. Ni une ni deux, en 10 secondes, on peut entendre des ronflements (les miens principalement). A peine 15 min plus tard, ils reviennent en ayant trouvés le chemin. Nico : La route n’est pas loin mais la végétation est trop dense… même une souris n’y passerai pas… On contourne… On contourne… On finira par trouver le bon chemin initialement fermé par un portail. Fred : Oui les cartes ne sont pas toujours juste, qui plus est, sur du 50 000ième. Plutôt que de chercher à 8, on décide, une pause bien méritée pour tous. Pendant ce temps avec Nico on cherche le passage qui était bien où je pensai, Je n’ai simplement pas osé passer le grand portail qui nous barrait le chemin. On retourne chercher la bande. On se relève et on repart. Moi ça va mieux. Des micros siestes. Ça dépanne bien. On fait un dernier tout droit dans la pente dans les champs de vaches, et nous retrouvons le bitume d’une route ! Trouvé !! Tops !!
Pour récompense, nous nous arrêtons 5 min pour dormir avant d’attaquer la dernière montée bitumée cette fois ; quelques kilomètres sur le goudron. C’est moins bien. Les deux petites siestes m’ont fait du bien. Cette fois ce sera la cheville de Greg qui posera problème et les ampoules qui continuent leur œuvre. Greg : Effectivement marcher dans les ruisseaux c’est bien beau mais les malléoles en prennent un coup, la cheville commence à grincer c’est pas très bon d’avoir des chevilles en mousse ! Nico : cette longue montée est usante, une route typique de la région : raide à souhait. Le bon côté c’est que le D+ passe vite et que l’on peut dormir en marchant… Toujours trouver les bons côtés d’une situation 😉 Fred : la micro sieste de Zazou lui a redonné la pêche, elle marche d’un bon pas sur cette route interminable. Je suis régulièrement obligé de lui dire de ralentir car on largue nos amis. Elle se sent bien et avec ces grandes jambes, ça avance vite.
En arrivant au CP 9, nous retrouvons Marine et son équipe, qui se réveillent pour partir sur la dernière rivière. Il est 0h45 ; alors que nous allons nous coucher. On en profite pour leur piquer la place sur le sec. Nico : Nous avons cherché en vain une place pour tenir à 4. Merci les amis ! C’est bien les kiosques, on sera à l’abri de l’humidité… le béton est un poil frais. Il y a un paquet d’équipes, toutes bloquées par la Dark-zone. Greg : Enfin il y avait beaucoup d’équipe avant qu’on s’endorme mais au réveil, plus personne !
C’est le lendemain matin que je comprends pourquoi ils sont partis si tôt… les deux bénévoles nous re-briefent (nous sommes derniers de la course): faite attention à la descente, équipez-vous en corde, y en a pour 5h. 5h ? Mais je croyais qu’on faisait du packraft… je ne sais pas pourquoi mais je m’étais imaginé à peu près le même type de descente que l’accès à la première rivière… comment dire… C’est la partie du RIF qui m’aura le plus marquée en terme d’engagement personnel ; même la chute dans l’accès au 1er canyon était facile comparée à ce qui nous attendait. Nous faisons 5h de descente pure. Nico : J’aurai dit 3h… Greg : Allez, on va dire 3h30. Fred et Nico portent les packrafts et les pagaies. Nico : le système de portage a été optimisé… j’ai moins mal aux épaules… de toute façon, vu comme c’est raiiiiiiiiide, pour l’instant, on a d’autres priorités. Fred : moi aussi, j’ai optimisé au mieux la charge dans mon sac, il est bien stable, heureusement car le poids est là. C’est mieux ainsi, ce sont eux qui ont le pied le plus sûr. Nous descendons sur un petit sentier le long d’une crête. Tout en bas, la rivière. Je passe la moitié de la descente sur les fesses, l’autre moitié tournée le dos côté pente afin de pouvoir s’accrocher à toutes les racines possibles. Dès qu’il y a un morceau de cordes, on se longe. Dès que la corde s’arrête je me demande pourquoi… c’est toujours aussi pentu ! Cette descente me demande beaucoup d’énergie physique et mentale. Une petite désescalade de 5m sur une corde à nœuds me fait pleurer de peur. Tout est glissant là-bas. Les jambes tremblent. Je ne me souviens pas d’avoir crié pour une fois. Des pleurs de fatigue et de stress. Fred m’aide. Les garçons sont vraiment patients avec moi. J’ai qu’une hâte arriver dans l’eau. Les derniers mètres de ce trek se font en rappel, puis en toboggan jusqu’à la rivière Takamaka. Et enfin le plouf libérateur ! Nico : sacré mental… Respect ! Cette descente était vraiment engagée. Greg : j’ai vraiment bien aimé cette portion de descente dans les cordes, bon d’accord c’est plus facile pour moi, je n’ai pas tout fait sur les bras y avait plein d’endroits où se vacher pour se reposer. Fred : J’ouvre la marche dans cette descente et je suis impressionné par son engagement. Greg passe, Zazou prend vraiment sur elle, je suis impressionné par ce qu’elle arrive à faire maintenant. Tout est dans la tête. Cette descente abrupte dans la végétation aura marqué tout le monde. Content de retrouver le guidos en bas. Enfin un être vivant. Sympa qui plus est.
Nous gonflons les packrafts et repartons rapidement sur la rivière qui a baissé de 20-30cm d’eau. Je pense que nous nous sommes pris au moins tous les rochers de toute la rivière. Quand ils sont justes sous la surface, avec le soleil qui brille on ne les distingue pas… et on s’échoue dessus. Nous avons passé le reste de la journée à nous échouer, à passer des rapides, à nous arrêter vider les bateaux pleins d’eau et à remonter dedans pour recommencer 100m plus loin. Durant cette descente nous retrouvons nos Mojitos préférés qui étaient partis plus vite du CP, et nous continuons ensemble. Nous sommes les dernières équipes et avons donc le privilège d’avoir le raft-balais avec nous. Nico : Bien sympa le guidos, il est impressionné par le comportement des embarcations. Nous aussi. Je me suis bien amusé dans les rapides dans un cadre est vraiment majestueux : une belle section. Fred : Oui vraiment le pied. Dommage que nous n’avons pas des auto-videurs, car ça brasse bien et l’eau rempli vite le bateau. Alors Nième arrêt pour vider.
Durant cette descente de rivière nous avons eu de la chance : de grosses pierres tombées de la falaise ont épargné nos bateaux et nos têtes en tombant entre nos deux embarcations… Nico : Forcément, c’est tellement raide, la gravité agit aussi dans ses contrées sauvages. Un Joker de moins… Fred : Ah oui là j’ai été très très impressionné. Comme dans les films de guerre, j’entends deux sifflements de bombe arriver !!!! Et bplouf bplouf puissants impacts dans l’eau. Deux grosses pierres sont tombées entre nos deux bateaux. Wouahhhou, ils arrivent de 200m plus haut. Nico, scotché le temps de comprendre se met à ramer en arrière, puis se sentant toujours dans la zone dangereuse, rame à fond pour passer le plus vite possible. Gloupss. 20sec avant ou après, c’est un des deux bateaux qui y avait droit…
Nous avons également eu la chance d’être quasiment arrivés au CP et d’avoir le raft-balai avec radio avec nous. Dans un rapide, la main droite de Fred a touché fortement ma pagaie et le rocher. Fred ne dit pas grand-chose, mais là son silence m’a fait peur ; je ne l’ai jamais vu comme ça. Il se tenait la main. Une plaie bien profonde au niveau de l’intersection du petit doigt et de la paume. Fred : Oups, j’ai senti que c’est rentré profond, Je prends mon mode warrior et je me dis que je ne vais pas me faire embêter par ce bout de peau qui dépasse, je veux le couper avec mes dents !!! Mais une fois entre les dents je me rends compte que c’est un gros steak. Gloups, non non ce n’est pas juste de la peau. Je rejoins le bord pour voir ça de plus prêt. Et là, eh merde c’est du sérieux. Pffff. Bon nettoyage, gros coups de bétadine dedans donné par Morgane, la féminine des Mojitos, infirmière de son état, compresse et bandage. Le guidos a appelé le médecin de la course pour qu’on se retrouve au CP. On a refait les bateaux : Fred est monté devant, Nico derrière. Greg et moi avons préféré être mélangés aux Mojitos qui savaient mieux diriger les packrafts dans les rapides que nous. Plus sécurisant. Nico : Vraiment sympas ces Mojitos, Fred est passé en mode HARDCORE… 1km plus loin, le CP où nous retrouvons la médecin. En voyant la plaie, elle ne sait pas trop quoi faire : emmener Fred à l’hosto ? Le recoudre sur place ? Parce que oui il y aura forcément de le suture à faire. Greg : j’ai bien de la colle PVC et des patches en PCV mais ça colle que pour les Packrafts, ça va pas coller sur la peau de notre Fred ! Fred : Au départ la médecin est formelle, il faut vraiment aller à l’hosto pour regarder à l’intérieur voir si les tendons ou l’articulation ne sont pas touchés. Je ne suis pas bien heureux. Les autres me regardent d’un air dépité pour moi. Bon, Eh, regarde il bouge encore mon doigt ! Oui mais… oui, non, bon je vais regarder. Elle tremble de peur de me faire mal. C’est vrai que je suis moi-même impressionné par l’ouverture que j’ai réussie à me faire juste sur une rame. Je ne vais pas dire que « même pas mal » mais l’adrénaline doit y faire, je supporte. Elle ouvre, un peu, beaucoup, puis… bon on va peut-être tenter éventuellement recoudre. Elle regarde à l’intérieur. Ouf rien n’a été touché. Fred sent tout son doigt et il peut le bouger. Fred la pousse un peu pour qu’elle se décide à faire une première pour elle : recoudre sur place. Fred : Une petite piqure d’anesthésie dans la main et c’est parti pour la séance de couture. Pas évident j’ai la peau dure il parait !! Pendant ce temps-là, je passe par beaucoup d’émotions et d’interrogations : si elle arrête Fred ça va lui faire l’effet d’une bombe à notre Fred. Ce n’est pas possible. Mais si jamais… on fait quoi nous ? Je fais quoi ? La team c’est quoi ? Continuer à 3 sans orienteur et sans carte (on ne l’a toujours pas retrouvée ainsi que le roadbook) ? Nico : ça cogite pas mal en effet dans les têtes… Pour moi c’est assez simple… On continue… Ou abandonner et passer la semaine restante à faire des excursions tous les 4 ensembles à travers l’île ? La décision revient à Fred : s’il peut le faire, alors on continue. Fred : Après plusieurs essais, la couture tiens, c’est enfin fini. Gros bandage dessus. Et c’est reparti. On essaie d’en faire le plus possible en fonction de sa main. Essayez de ramer, tenir son guidon, assurer avec 5 points de sutures dans sa main forte… C’est chaud quand même. Nico : chaque chose en son temps… Finir le packraft… Je crois que c’est à ce moment-là qu’un bénévole nous tends notre jeu de cartes perdu et notre roadbook ! Fred est remonté comme une pendule. L’anesthésie locale fait encore effet. Fred : Ca tiens je tiens la rame avec l’index et majeur, ça va le faire. Nous repartons terminer notre section de packraft pour retrouver l’AT2. Nous ramons encore une bonne heure jusqu’à la tombée de la nuit et nous arrivons à l’AT à Saint Benoit. Nous sommes le lundi 12 Novembre.
Cet AT c’est le grand confort ! Terrain de foot avec pelouse toute douce et douche chaude de surcroit ! Greg : On prend même le temps d’étaler tout notre merdier sur le terrain, on dirait une braderie ou bien un camp de manouches !
Fred revoit Lise la médecin, pour vérifier si les points ont tenus et pour refaire le pansement qui est trempé. Nico : tellement il est discret le Fred, on en oublierait presque ces 5 points… Fred : je suis content d’avoir réussi à poursuivre le packraft. Nous mangeons une plâtrée de nouilles chinoises et de légumes (provenant d’un resto local) tout en préparant nos affaires de vtt, et une fois les caisses redonnées, nous prenons un peu de temps pour dormir. Nico : l’idée initiale était d’enchainer mais, chacun à son tour pendant le repas, nous piquons du nez… La pose s’impose. Accessoirement ça devrait nous faire repartir pas très loin des Mojitos… On les aime bien…
Il fait bon près de la mer. Je crois que c’est l’une des seules fois où je n’aurais pas eu froid en dormant. Nico : le light c’est léger… juste léger…
Et puis y a Nico… Nico il vient toujours te réveiller… Nico : sinon, tu dormirais encore 😉 Fred : Heuu les blessés ont-ils droit à 10 min de sommeil en plus ? Non ? Bon, d’ac capitaine.

SECTION C – VTT : 41 km – 900m D+ : À travers les champs de canne à sucre

Du coup nous repartons. Nous sommes le mardi 13 Novembre ; aujourd’hui journée spéciale.. Fred a 50 ans ! Le sac est super léger : il n’y a plus l’équipement corde et packraft à porter, et la section est rapide – normalement à peine une journée – donc nous ne prenons que le matériel obligatoire et nous laissons le matériel dit de « confort » dans les caisses. Greg : Euh, j’ai un peu merdé sur ce coup-là j’ai gardé mon matériel de cordes donc ça fait un peu de ferraille à porter en VTT mais heureusement dans ce sens-là ça donne pas de pénalité quand on oublie !!! Pourtant j’étais prêt longtemps avant l’équipe, mais bon je vais gérer ce n’est pas grave c’est le VTT qui porte ! On remet du désinfectant sur la suture de Fred, on refait un beau pansement. Et on enfourche nos montures. Fred : C’est la grosse interrogation pour moi, est-ce que je vais pouvoir tenir mon guidon ! Je fais un tour de stade avec ma main bandé, toujours index et majeur, un pour tenir le guidon et l’autre pour le frein, ça parait passer. Je dis à l’équipe que c’est bon pour pas les inquiéter mais en fait je ne sais pas ce que ça va donner lorsque ça va bouger… Mais on part, c’est bon, après tous ces doutes, je peux me replonger dans l’orientation. Nico : nous repartons de nuit… jamais évident… 30 min plus tard nous retrouvons les Mojitos qui ont un peu de mal à trouver le passage qui passe en dessous de la route (qui nous est interdite) ; nous les rejoignons dans la recherche. Et nous commençons à porter les vélos. Ce petit passage nous fait arriver sur une plage de sable noir, enfin une plage… Enfin plutôt une étendue de blocs de lave qui t’obligent à porter le vélo. Au petit matin nous nous arrêtons 5 minutes afin de souffler. Nico : 5 minutes… pas une seconde de plus 😉 Nous pouvons alors profiter du lever de soleil que nous offre mère nature. Je savoure cet instant de calme avec le bruit des rouleaux de l’océan qui bercent. Il fait déjà bon au petit jour. Il va faire chaud aujourd’hui. Fred : Je profite de cet instant magique pour annoncer à tout le monde que ce sont mes 50ans et que je suis heureux de partager ce moment avec eux. Une vraie cohésion est née entre nos deux équipes. Nous quittons cet endroit merveilleux pour remonter en plein soleil vers les champs de canne à sucre. Il n’y a pas beaucoup d’ombre et le soleil commence à cogner. Nous suivons des grosses pistes de tracteurs, mais ça monte raid. Nico me tracte en montée. Fred : Les cannes à sucre, un milieu particulier, l’orga nous l’avait annoncé au briefing de départ. Pas très évident de se retrouver dans ce dédalle de chemin qui change de place suivant les saisons. Donc c’est dû à peu près. Nous arrivons à nous en sortir pas trop mal. Il fait chaud, on pousse les vélos, mais pas de perte de moral, tout le monde suit dans sa bulle. Sur la route nous croisons des litchis (l’arbre porte le même nom que le fruit- j’ai vérifié ^^). Greg en fait une réserve que nous savourons tous les huit en haut de la montée. Greg : Mince il manquait 15 jours pour que les litchis soient à point, mais bon on ne va pas être difficile, c’est trop bon même un peu acide! Il nous faut redescendre un peu dans une ravine pour remonter et atteindre le haut de la rangée d’éolienne entre La Ravine Glissante (Nico : ça ne s’invente pas) et Piton Sainte Rose. A la balise, un bénévole nous attends avec une bouteille d’eau d’1,5L pour chaque équipe. Greg : A ce moment-là, on apprend aussi que nous risquons d’être shuntés car la section suivante risque de trop nous éloigner du reste de la course! Elle fait du bien car nous étions à sec, et sur ce côté-là de l’île il n’y a plus de cascade ou de petite rivière permettant de nous rassasier en eau. A partir de là, il n’y a plus de montée ! Que de la descente… Je sers les dents… La descente en vélo, c’est un moment qui n’a jamais été très agréable pour moi. Mais j’ai beaucoup pris sur moi cette année, et je suis même allée faire un stage de descente VTT pour apprendre les techniques de base. Nico : c’est forgeant qu’on devient VTTiste… tu es sur la bonne voie. Fred : Quels progrès cette année. La peur, ça c’est un autre problème… Je suis surprise de voir que la descente ce fait également sur une grosse piste ; enfin, il fallait suivre la piste VTT et j’ai un peu triché car avec Fred on est passé sur le côté sur le chemin le plus large. C’était bien aussi. Pour Fred aussi, pardon pour la main de Fred c’était mieux ! Greg : cette descente je n’ai pas vu grand-chose, le problème avec la fatigue c’est qu’en VTT tu es un peu statique en descente si c’est peu technique, et à plusieurs reprises j’ai les yeux qui se ferment, il est temps d’arriver en bas. Nico : trop fass’ le Gweg en VTT.
Nous arrivons à Piton Sainte Rose, petite ville où l’église a été miraculeusement sauvée de la coulée de lave. C’est assez étonnant. Elle est toute blanche est colorée, ce qui contraste très bien avec le noir de la pierre volcanique. Nico : c’est Notre Dame des Laves… facile non 😉 Nous nous arrêtons acheter 5L d’eau, du coca, et un sandwich chacun que nous irons manger un peu plus loin sur le chemin. Greg : Et dire que nous avons hésité à prendre nos 5 litres d’eau alors que c’est partie comme du petit lait !! Une fois les sandwichs préparés et récupérés, nous repartons sur un sentier longeant la mer et les falaises. Nous pensions trouver un sentier facile… mais en y réfléchissant tout le vélo était simple, alors ce n’est pas possible… Nous escaladons une première difficulté toujours sur le chemin, et nous trouvons un très bel endroit à l’ombre pour nous restaurer… et pour faire une petite sieste… Je ne sais pas combien de temps plus tard, le clairon sonne et nous voilà repartis. Nico : 30 minutes je pense. Le sentier n’est absolument pas roulant. Tous les 30-50 mètres il faut descendre de vélo, pour escalader ou désescalader entre 2 et 5m de rocher. Rapidement l’esprit d’entraide se fait ressentir et nous organisons rapidement une chaîne humaine pour chaque obstacle à franchir. Nico : on n’est pas trop de 8 pour organiser le bouzin… belle coordination !!! Greg : A y réfléchir, je ne pense pas que le fait d’être 2 équipes nous ait avantagés. Se passer les vélos à chaque fois, on y asse un certain temps. Fred : en tout cas c’est beau à voir cette entraide et en plus on longue la mer. C’est vraiment super beau. On a l’impression de ne pas avancer, alors que toute la matinée ça roulait. En plus on y est presque au CP sur la carte !! Enfin après quelques heures passées, nous rejoignons l’AT3. Mais elle est super rapide cette section !!
A l’AT, tout en nous donnant un nouveau jeu de carte, on nous explique que nous sommes shuntés. Nous ne ferons la montée au Piton de la Fournaise. La déception de ne pas tout faire viendra un peu plus tard pour moi ; pour finalement ne plus avoir de regret : les dernières équipes à être parties sur ces sections ce sont pris brouillard, pluie dense, aucune visibilité et ne sont pas allées jusqu’au bout de la section. Il faudra repartir en vélo jusqu’à un CP donné d’où l’organisation pourra reprendre nos vélos, nous donner nos caisses, et d’où un bus nous attendra pour nous emmener à 18h à une petite section de corde d’où nous retrouverons le circuit normal de la course. Nico : petit coup au moral, mais soyons objectif. Le parcours est un peu trop Enorme pour nous… Et puis il y a encore plein de trucs sympas à faire…
A l’AT on en profite. Fred a retrouvé sa copine médecin, qui lui refait un pansement, tout en sirotant un bon smoothie de fruits frais. Le BONHEUR total. Nico : je confirme… et m’en (re)lèche les babines. Fred : Je suis content d’être arrivé jusque-là, j’ai réussi à tenir plus ou moins mon guidon, j’ai fait sauter un point mais la main est plutôt bien, pas d’infection en vue. Cool. Merci Lise. Nous sommes dans un endroit de rêve. L’AT se situe dans une petite crique : d’un côté une falaise avec cascade, de l’autre une petite étendue d’herbe bien verte sur laquelle pousse plein de cocotiers et juste en limite, la mer avec ses rouleaux. C’est beau. Après le smoothie, je profite d’un moment de faiblesse ; je m’allonge et je dors instantanément. Puis nous nous préparons, et en guise de 4h avant de repartir nous mangeons une glace. Hummmm. Nico : c’est bon pour le moral 😉 Fred : c’est bon bon…
Et nous repartons, toujours accompagnés des Mojitos.
Le shunt : Quelques kilomètres de VTT sur route, pendant lesquels nous admirons les différentes coulées du Piton de la Fournaise. C’est très impressionnant. Je me sens toute petite. La route serpente au milieu de ces champs de pierres volcaniques et de laves séchées. Nous sommes quand même récompensés de voir ces belles coulées de lave, même si c’est du bord de la route que nous les observons. Greg : Nous sommes au moins 3 équipes en file indienne sur la route et nous bloquons la circulation car les locaux sont vraiment respectueux des cyclistes, ça aurait été un peu différent en Isère. Nico : on essaye de donner un peu du rythme avec Jean-Phi (Mojito) histoire que personne ne s’endorme… Moment cool après ce début de course bien dense.

SECTION G – Trek (+ cordes) 3 km : Rappel dans la ravine de Saint-Pierre

Nous rejoignons le bus de l’organisation au CP où nous y retrouvons pleins équipes. D’un côté je me dis que c’est cool, qu’on n’est pas si loin derrière si on se retrouve shunté au même endroit ou même à une balise près. Pour moi toutes ces équipes étaient méga fortes et finalement à la longue on les rattrape. D’un autre côté je m’en veux de ne pas être arrivée à aller plus vite durant le 1er trek. Avec Marine ils auraient pu tout faire c’est quasi certain. Je peux comprendre leur frustration. Nico : Nous t’avons prise dans l’équipe en connaissance de cause… Donc tu n’as pas à t’en vouloir. Tu nous permets de participer à la finale. On est content de partager cette aventure tous les 4… Avec des si… Et puis, nous sommes toujours dans la course. Tu gères comme une grande… Fred : Nous sommes toujours aussi motivés, l’aventure continue, mais là on pense à profiter de l’environnement.
La nuit tombe. Il commence à pleuvoir sacrément fort. Pas grave, nous sommes dans le bus… mais avec cette chaleur et cette moiteur accompagnées d’un zeste de raideurs de 5 jours, je ne vous raconte pas l’odeur ^^ ; et le pire c’est que notre nez s’y habitue ! Durant le trajet, tout le bus dort (hormis le chauffeur bien sûr) ! A la descente du bus, il ne pleut plus, et nous attendons nos caisses de cordes car nous partons pour un petit trek et cordes afin de rejoindre la section kayak de mer.
On s’équipe. On part. Et nous voici sur deux petits rappels qui nous descendent jusque dans le lit d’une rivière. A sec cette fois. Les 3km sont vites avalés. La rivière est facile. Nous marchons de pierre sèche en pierre sèche, le tout accompagnés d’un magnifique concert de crapauds et/ou de grenouilles ! Un coassement infernal : on a l’impression qu’on va finir par tomber sur une montagne de grenouilles ; alors que pas du tout, c’est juste l’œuvre d’une ou deux grenouilles ! Nico : impression partagée… comme c’est encaissé, ça résonne un max. Chouette petite section « presque » facile. Fred : Et nous sautons de rochers en rochers pendant le bœuf des grenouilles !
En arrivant en ville, nous nous émerveillons devant la splendeur des arbres ; immenses avec des troncs ondulés. Nous trouvons le centre nautique où nous pouvons récupérer nos affaires, préparer des lits de camps … si si vous avez bien lu : des lits de camps sur un RIF !!! Greg : Ça doit cacher quelque chose, si Pascal prend soin de nous comme ça y doit y avoir un point dur à la section suivante !
Comme nous ne pouvons pas repartir avant 5h30 le lendemain matin pour cause de Dark-zone, nous prenons notre temps pour préparer le matériel de kayak et nous mangeons bien. Nico : quand je vois le temps que nous avons pris et le sac de « m… » que j’ai fait, je me dis que j’avais vraiment relâché la pression… Nous avions opté pour dormir de rester dehors histoire d’avoir un peu d’air et de fraîcheur. Juste avant d’aller se mettre au lit, nous avons fredonné (pour ne pas réveiller les autres équipes) un JOYEUX ANNIVERSAIRE à Fred. Greg : Mince j’aurai bien aimé souhaiter un bon anniversaire à notre demi centenaire, mais je me suis assoupi sur mon lit on dirait ! Je crois que Greg dormait déjà… Toujours prêts avant tout le monde ! Nico : Il optimise le garçon !!! Nico avait pensé à prendre une bougie et pas n’importe laquelle : une Winnie l’ourson qui fait de la musique ! C’est le luxe plus ultra du raideur ça! Nico : indispensable pour les fêtes d’anniversaire réussies… En plus, il semble qu’elle soit waterproof (je la traine dans ma poche du haut du sac depuis 5 jours) : la classe !!! Fred : Trop bien, merci à tous, à mon retour de brossage de dents, j’ai droit aux joyeux anniversaires de ma bande d’amis avec une petite bougie au fond d’une casserole entouré de fraise tagada ! Ça c’est de l’anniv’.
La pluie vient nous réveiller très peu de temps après qu’on ait tous retrouvé Morphée. Une belle pluie qui mouille tout rapidement ! Allez hop, à l’abri ; et on retourne dans nos rêves. Fred : C’est vrai que ce n’est pas habituelle les lits de camps, on en profite, merci aux autochtones qui ont pitié de nous et merci Dark-zone.

SECTION H – Kayak de mer 37 km : Au large des barrières de corail

Le réveil sonne au petit jour du mercredi 14 novembre. Nous sommes prêts pour affronter la mer. Des vêtements longs pour se protéger du soleil. Greg : euh pas tout le monde, n’est-ce pas Fred ! Fred : Euuuh, je suis au top, casquette, lunette …. Ah, oui un petit oubli, pas de crème sur les cuisses… Ce n’est pas comme si je n’avais pas fait le Paraguay l’année passée en voyant mes coéquipiers cramés sous le soleil. L’expérience avant tout ! Bon ça me vaut un bon p’ti coup de soleil sur les cuisses, cool pour la piscine lorsque l’on rentrera… la crème solaire pas loin, la casquette sur la tête. Il faut sortir du port par la passe, continuer tout droit sur 500m et enfin là nous avons le droit de commencer à pagayer dans la direction souhaitée. Un bateau de secours est là, au cas où et pour nous dire si on est assez loin de la côte. Le danger ce sont les rouleaux qui se forment en arrivant sur la barrière de corail. Le but du jeu : ne pas se renverser et encore moins s’approcher du corail.
Bon nous sommes lancés. Greg et Nico sur un kayak, Fred et moi sur l’autre. On a protégé la main de Fred du mieux qu’on pouvait… J’avais pris des moufles goretex dans la caisse (au cas où on se fasse vraiment mouiller). En voilà une excellente idée ! Pour ramer ce sera pratique ! Plus qu’un sac plastique ! Mais bien sûr …
Je ne suis pas une grande fane du kayak ; je trouve ça horriblement monotone. Les paysages sont beaux mais on ne voit pas bien qu’on avance. Et ça m’endort. C’est assez automatique d’ailleurs. Nico : rétrospectivement, nous aurions sans doute dû accrocher les bateaux… Le déséquilibre est assez important… Du coup, je gère mon pagayage pour rester à côté des copains. La houle et le vent vont bien nous aider…
Dès la première demi-heure, Nico nous annonce qu’il a le mal de mer. C’est vrai que ça brasse aussi. Il y a un peu de houle, c’est bien pour nous, c’est dans la bonne direction. Mais quand même, je me sens barbouillée, mal au ventre ; et franchement le kayak en pleine mer ce n’est pas le meilleur endroit pour changer de position ! Je somnole, je rame plus que je ne pagaie. Fred ne dit pas grand-chose… mais quand même il a une main en moins. Il n’y a pas grand-chose à faire sur un kayak, loin de la côte… c’est long. Fred me confie sa Gopro pour que je fasse des films souvenirs… ça m’arrange, comme ça je ne pagaie plus !! Et puis il a faim. C’est très bien ça ! Pendant au moins 15 min je lui prépare des morceaux de toasts de rillettes de thon, et je me retourne pour lui donner. Greg : Quoi ça mange du pâté alors qu’on vient de partir et on avait fait un lioph le soir !!!! Fred : Oui on vient de partir depuis 2h et moi je n’ai pas le mal de mer, je suis dans mon élément, alors j’ai faim, miam. Par contre je ne suis pas très performant avec ma main, je n’arrive pas à forcer d’un côté. C’est moyen pour le rendement. La mer en profite pour se lever de plus en plus. La houle s’accentue et le vent arrive ; toujours en nous favorisant. Nico : dur dur… entre le mal de mer et l’envie de dormir… je m’efforce de faire tourner le cerveau… Avec ou sans Greg… ça chante… m’en fout y a déjà plu… belle gestion…
Oh ! Des dauphins ! La classe !! Ce fût de courte durée, mais quand même, ça fait plaisir ! Vite la Gopro … ils sont passés où ? Ah dommage, trop tard…
Fred me demande le talc. Sa main est trempée. Alors on veut faire comme avec les chaussettes… Mettre du talc pour capter l’humidité. D’accord.
A mi-parcours, le bateau qui assure la sécurité au CP nous demande si nous accostons pour aller au CP ou non. Nous ne retournons pas voir la terre ferme et le CP. Nous restons à 500m de la côte. Je ne me rappelle plus trop pourquoi. Peut-être que nous nous sommes dit tant pis pour le CP, mais ça ne nous ressemble pas trop, ou peut-être que c’est à cause du shunt, ou peut-être à cause de la mer. Nico : briefing du matin : pas de CP intermédiaire… c’est toujours ça de gagné ! A ce moment-là la mer devient assez forte. Les creux se font de plus en plus profonds pour atteindre parfois les 3m, le vent se renforce créant de l’écume sur les vagues. Le kayak se rempli d’eau à chaque vague… heureusement qu’ils sont auto-videurs (pas comme les packrafts !). Ça me réveille un peu. Il faut essayer de surfer le plus longtemps sur la vague ! Ça c’est drôle ! Beaucoup moins monotone d’un coup ! Nico : Greg n’est pas très motivé par les surfs… dommage… on a pourtant des années de pratique dans l’Isère… bon d’accord les vagues étaient plus petites… vraiment rien à voir… Greg : On va dire que c’est un peu moi qui commence à dormir, donc le surf ça attendra. Fred : Cool, de l’action.
Oh ! Des dauphins ! Re la classe !! Allez vite vite vite, la gopro ! J’essaie, mais comme l’écran de la caméra est cassé et reste éteint ce sera la surprise en déchargeant !!
Nous passons un cap, et la houle se fait moins forte. Dommage ça me plaisait bien. Du coup la monotonie reprend. Le mal de mer aussi. Je somnole de nouveau, je suis brassée. Fred essaie de me faire chanter, histoire de faire passer le temps ; oui mais quoi ? Ah tient j’ai un grand sac plastique dans le sac, je vais essayer d’en faire une voile ! Le sac se gonfle bien avec le vent ; mais nous n’arrivons pas à déterminer si ça permet d’avancer un peu plus vite ou pas. Pas certain. J’essaie d’alterner entre pagayer et tenir le sac plastique histoire de ne pas sombrer. Fred : C’est toujours long le canoë. Zazou fait tout pour tenir et cherche tous les moyen pour nous faire avancer plus vite sans ramer. Encore un peu et elle va coudre nos vêtements pour en faire une voile.
Oh ! Des dauphins ! Re Re la classe !! Allez vite vite vite, la gopro ! J’essaie encore, mais je crois que c’est définitivement raté. Qu’est-ce qu’on dit quand on voit des dauphins ? S’il y a des dauphins, alors il n’y a pas de requins ? Ou l’inverse ? C’est Flo qui me confirmera la deuxième version : s’il y a des dauphins, alors les requins ne sont pas loin ! Les requins c’est bien, mais sous l’eau, en plongée; pas sur l’eau en pleine mer; pas sur un kayak. Nico : c’est quoi un requin ? Fred : je crois avoir déjà vu ca dans les dents de la mer…
Finalement je range le sac plastique et j’essaie de ramer ; tout en somnolant. Là encore je n’ai pas été d’une très grande frénésie… Et puis nous voyons le bateau de l’orga venir vers nous, qui nous explique comment passer la passe pour rejoindre le CP. Tu vois la bouée au loin ? Euh non… attends je me concentre… oh punaise mais c’est loin encore ! Alors on rame, je me force à essayer de bien pagayer, les yeux fermés… et on pagaie, enfin Fred pagaie, et moi je rame. Je trouve que j’ai beaucoup ramé sur l’ensemble du RIF ^^.
Enfin nous atteignons la balise, pour la contourner et repartir jusqu’à une seconde balise, pour enfin arriver sur la terre ferme et à l’AT. Je crois que nous avons mis 6h ; ce n’est pas si long… et pourtant j’ai trouvé ça interminable ! Nico : le temps est un paramètre très variable… mais je confirme ce fut très long…
Beaucoup de bénévoles dont Claire ! Greg : Ça fait plaisir ! Ça fait vraiment plaisir de voir Claire et toutes ces têtes connues des bénévoles. Les Mojitos sont arrivés bien avant nous sur cette section et sont déjà au sec et en train de manger. Ils nous attendrons en faisant une petite sieste pour qu’on puisse partir ensemble sur la section suivante. Ils sont vraiment sympas. Nico : Lou a vomi son petit dej, son diner, son goûter et son repas sandwich de la veille… on s’en sort pas mal…

A l’AT, il y a la douche pour se dé-saler. Tant mieux. La prochaine fois il faudra juste que je pense à prendre un savon à mettre dans une caisse et un tout petit peu de démêlant… parce que je ne vous raconte pas les dreds et les nœuds !!! Il faut démêler un minimum pour pouvoir les rattacher correctement et que ça tienne jusqu’à la fin. Ou alors la prochaine fois, je coupe tout.
Lise, la médecin, nous dit que ce n’était pas une bonne idée du tout le talc dans la moufle goretex… ça fait du plâtre !! Oups… Fred : Oui Oups, je passe un moment à enlever tout ça. Il y a encore un point qui est parti ! Mais c’est plutôt sain, alors Lise me refait un beau bandage.
Nous mangeons du chaud et copieux. Un peu trop pour moi, je m’endors quelques minutes histoire de digérer. Le ventre ça va mieux. Impeccable. Nous refaisons nos sacs et nos VTT pour l’avant dernière section du RIF qui a déjà un goût de terminé. Fred : Une image pittoresque, nous mangeons tous les quatre serrés sous un canoë posé sur une remorque car il pleut juste à ce moment.

SECTION I – VTT 77 km 2800m D+ : Le Maïdo et la Savane

Après un café chaud, nous repartons sur nos montures accompagnées des Mojitos. Nico : on a décidé de finir ensemble… ça va être sympa. Greg : Ah oui mince faut mettre les chasubles même s’il fait jour ! Aller hop ! Il reste un bon pet à faire en vélo : 2800m de D+ pour arriver en haut du Piton Maïdo. Il est 15h. Et il fait chaud. On voit les nuages à mi pente ; mais la première partie se fait en plein soleil sans ombre. Et ça monte sacrément raid !! Après quelques mètres sur le vélo en sortant de l’AT, nous commençons à porter les vélos pour gravir des escaliers qui nous monteront au-dessus de la ville. Le portage : c’est quelque chose que je n’ai jamais fait ; et même en regardant les autres faire, je suis toujours emmerdée pour savoir comment mettre le vélo sur l’épaule sans que ça me fasse mal. Fred et Nico m’aident encore une fois : soit Fred fait les allers-retours entre son vélo et le mien, soit Nico porte les 2 vélos. Moralement c’est dur de se faire aider tout le temps et de ne pas pouvoir aider à son tour. Nico : L’idée c’est que l’équipe avance le plus vite… Et puis, il faut bien fatiguer les mules un peu. J’aide aussi un peu Lou pas tout à fait remis du kayak. Une fois les escaliers terminés, on attaque la route qui monte. Qui monte très raide. On aurait sûrement pu faire la pente sur nos vélos, mais sans la semaine de RIF dans les jambes!! Greg : Euh même sans sac à dos je ne m’y attaquerai pas à leur pente sur le VTT, c’est pire que la côte du père gras à Grenoble! Fred : Ta raison Greg, même sans RIF je ne serais pas sur le vélo. Surtout que ça dur ; dur sous ce soleil de plomb. Alors on pousse les vélos. Au début Fred pousse nos deux vélos, puis Nico prend la relève et accroche la laisse pour m’aider. Ils sont forts. Merci les amis.
Il fait chaud. Il faut boire. Mais c’est long et il faut économiser un peu d’eau quand même. Même pour moi qui ne bois pas beaucoup, l’eau commence à se faire rare. Ça doit faire à peine deux heures que nous sommes partis. Certaines gourdes sont déjà à sec. Tient des maisons, avec un peu de chance il y aura quelqu’un à qui demander. Mais on est 8 maintenant. Ça fait peut-être beaucoup… On essaye à la première maison qu’on croise. Et nous tombons sur des gens charmants. L’homme nous remplit toutes nos gourdes, et nous félicite pour ce qu’on fait. Nous le remercions chaleureusement, et repartons. Fred : Vraiment tous sympa ces réunionnais.
A partir de là, le chemin est un peu moins pentu, ce qui permet de rouler un peu. Nico me tracte toujours, j’essaie de faire en sorte qu’il ne me sente pas trop tout le temps. Je ne me sens pas si mal que ça sur le vélo. Il m’aide à garder le rythme dans les coups de culs. Greg tracte Morgane. Une vraie famille, une véritable équipe de 8 ! La nuit tombe et on est loin d’être arrivé au sommet ! Le but du jeu cette fois c’est d’arriver au CP à 14km du sommet, de s’arrêter dormir, et de repartir le lendemain vers 3h pour avoir le lever de soleil en haut du Maïdo. Ça me plait. Essayer d’arriver au bon moment aux endroits qui doivent t’en mettre encore plus plein les yeux ! Alors on garde le rythme : on pédale, ça roule plutôt bien maintenant par rapport au début de la section ! Fred est derrière. Il ne dit plus rien. Il me dit que ça va, qu’il a juste envie de dormir… Que ça va passer… Fred : J’ai bien forcé la première partie de la montée avec le vélo de Zazou, je le paye un peu avec un mélange d’envie de dormir du début de nuit, je rentre dans un mode j’avance, j’avance dans ma bulle. On commence tous plus ou moins à bailler. C’est étrange comment le corps réagit : on sait qu’on va bientôt s’arrêter dormir, on sait surtout que demain c’est la fin, il y a la ligne d’arrivée. Alors notre corps commence à se relâcher. Et notre cerveau qui nous dit, c’est bon maintenant ? Tu n’as plus besoin de moi ? Je peux me mettre en pause ? Je me découvre encore plus durant ce Raid. C’est intéressant. Nico tracte toujours, Greg aussi. Ils sont costauds les garçons. Les Mojitos mettent une ambiance de fou. Jean-Phi et Lou font les cons en imitant l’équipe 50. On en pleure de rire. Nico : je n’arrive même plus à respirer tellement je suis pété de rire. En plus si tu remets 100 francs ils repartent de plus bel ! Fred : Ah il me fallait ça pour me réveiller, la bonne ambiance entre nos deux équipes fait plaisir à voir, à vivre. Une bonne partie de rigolade. Pour la petite histoire depuis le packraft il y a cette équipe 50 avec qui on joue au chat et à la souris. L’équipe 50 est composée de personnes souhaitant participer au RIF mais ne se connaissant pas d’avant. Il y a Guillaume, que Nico et Fred connaissait déjà, il y a un mec barbu pour qui le rythme de son équipe est vraiment cool, donc il en profite – Camille je crois, il y a la féminine (son copain est dans une autre équipe) et il y a le 4ème qui apparemment était bénévole sur les éditions précédentes du RIF. Greg : Ah oui je me rappelle du fameux Jean Phi « Lagagne » un costaud de l’équipe 50 plus en forme que le reste de son équipe semble-t-il ? Au début du RIF, le 4ème fait comprendre à Nico que bon, les yogis c’est tranquille, parce qu’il les avait déjà récupérés en bus à la fin d’une édition précédente. Bon bah ok. Dans cette équipe, chacun faisait son raid. Un truc de fou. Quand on les croisait, ils n’étaient jamais tous les 4. Ils ne s’attendaient pas, ne s’écoutaient pas. Extraordinaire. Le but pour eux c’est de passer la ligne d’arrivée avant nous. Qu’est-ce que ça pouvait nous faire rire !! Ils partaient toujours avant nous sur les CP, mais on les redoublait à chaque fois en décalé… C’est le genre à te doubler 10m avant la ligne d’arrivée juste pour te dire qu’ils sont arrivés avant. Pas vraiment notre mode de pensée alors, oui ça nous faisait bien rire !! Nico : c’est toujours étonnant la motivation des coureurs. Faire Sa course est déjà bien assez compliqué… c’est comme ça…
A l’AT en bas du Maïdo, ils sont partis vraiment longtemps avant nous et on ne savait pas si on allait les retrouver au CP ou non. Mais bon, on s’en fichait un peu quand même, nous on voulait continuer à kiffer sur ce Raid. Les places on s’en fiche. On sait qu’on va terminer à 4 (ou 8) en profitant un maximum et c’est l’unique but.
On arrive au CP, mais il n’y a plus de place pour dormir. Tant pis, on va trouver mieux. Une aire de pique-nique. C’est bien ça ! On a un kiosque pour nous 8, donc à l’abri de la pluie et de l’humidité du sol, et Greg et Nico nous font même un feu. Nico : juste pour l’ambiance bucolique. Greg : Pas facile quand même car il n’y avait pas de bois à proximité donc on jette l’éponge assez vite. Fred : nous sommes tous attablés sous le kiosque, bien content de prendre un peu de repos et de manger un peu. Mais notre Nico surmotivé veut nous préparer un feu. Personne ne l’a vraiment remercié, nous sommes bien serré l’un contre l’autre à l’abri. Alors son feu sous la pluie n’attire pas beaucoup. Alors avec du retard, un grand merci à notre super capitaine. En temps normal c’est pour le barbecue, mais là on n’a pas pensé à prendre les saucisses ! On n’a même pas pensé à prendre un rab de gaz supplémentaire. On a tout juste pu faire une soupe. Nico : belle boulette !!! Certaines équipes ont tourné sans gaz… avec des lyoph « à froid »… Le gain de poids est faible… Pas sûr de le faire un jour. Le reste sera froid. Il fait froid. Nous sommes vers 2200m d’altitude, la fatigue cumulée des derniers jours se fait de plus en plus ressentir, et on a un peu plus de mal à se réchauffer. Avec Fred pour dormir, on a une technique ; comme on avait acheté 2 bivy non respirant 2 places, on en met un par terre pour nous isoler, et un par-dessus pour faire couverture de survie. Cette nuit-là, j’ai mis toutes les couches que je pouvais (toutes les couches et la goretex, les buffs et les gants), et je crois que dans la nuit on s’est collé le plus possible pour garder la chaleur au maximum. J’ai très peu dormi cette nuit-là tellement j’ai eu froid. Nico : il est pas mal ce duvet 600g finalement… Greg : Punaise je n’ai pas dormi avec ce sol en béton et le froid qui traverse le bivybag.
Nous repartons le jeudi 15 novembre vers 3h, en repassant devant le CP, nous découvrons 3 autres équipes (dont l’équipe 50 et les sud-africains du packraft). On est mort de rire. On abandonne enfin la route pour commencer les chemins. Pour l’instant c’est un gros chemin. Je ne suis pas à l’aise avec le vélo… ça secoue beaucoup, et mes pieds glissent des pédales – oui je suis en pédales plates, et je ne suis pas encore prête à changer ! Nico : j’ai mis quelques années… tu y viendras… On m’attend, mais on a doublé quelques équipes quand même ; et ça permet aux orienteurs de ne pas faire une seule erreur, ce qui m’arrange. Très rapidement on quitte le gros chemin pour trouver une petite trace droit dans la pente. Je trouve ça beau. On est sur un volcan, et ça se voit. Nous sommes sur de la pierre volcanique. Mais du coup c’est plus dur, parce que ce n’est absolument pas roulant. Même en poussant le vélo, il faut le soulever très souvent pour l’aider. Alors Fred et Nico (une équipe de choc) m’aident pour la énième fois. Fred tracte mon vélo tout en poussant le sien. Puis Nico fini par porter nos 2 vélos. Nico : ça réchauffe 😉 Fred : une équipe de choc, on en bave mais on prend du plaisir à sentir, à partager cette entraide. On arrive à la route, qu’il ne faut pas prendre, et nous continuons droit dans la pente. Nico attend les autres, pendant qu’avec Fred nous prenons un peu d’avance : il y a des lumières d’une autre équipe un peu plus haut dans la pente, et ça n’avance pas fort. Effectivement. On continue à pousser-porter les vélos comme on peut. Mais le chemin est fait pour des randonneurs, pas pour des vélos. Alors Fred me dit de ne pas me cramer – il y a la descente après – et il part avec son vélo sur le dos. Ce n’est plus le packraft sur le dos, mais le vélo ! Je continue à avancer doucement. Je n’arrive pas à mettre le vélo sur le dos. Alors je le pousse, difficilement, je le soulève pour passer des grosses pierres, difficilement, mais bon je sais que c’est un autre gros point à améliorer pour la prochaine fois (s’il y en a une). Fred revient, me prend le vélo, le met sur le dos et repart. Et je le suis jusqu’à l’antenne où nous attendons les autres. Fred en profite pour sortir la caméra, moi j’ouvre grand les yeux et je profite du paysage : le jour commence à se lever. Nous ne sommes pas encore en haut, mais vu les nuages, il n’y aura pas de lever de soleil réellement. Tant pis. C’est quand même très beau. Il reste encore quelques mètres à faire jusqu’au CP et jusqu’à notre point culminant de la section. Fred : exigent mais tellement beau, nous avons une vue panoramique sur la mer, de l’autre côté une vue sur Mafate. mmaaggiiifffiiiqqquuuee.
Le paysage est magnifique : nous surplombons le cirque de Mafate. Les nuages cachent le soleil, les photos manquent de lumière, mais on se régale quand même ! On est passé par là, et puis par-là pour descendre ici et remonter là. Tiens, on voit Marla et le col de Taïbit. Vraiment Merci Pascal ! C’est une belle conclusion. Les M&M’S pleuvent ! C’est la fête ! Fred : chouette cette vue aérienne à revivre notre début de course. Nous avions fait toute cette partie de nuit. C’est impressionnant de voir là où nous sommes passés.
Bon maintenant il faut redescendre ! Ça m’a rassuré de voir qu’on était une majorité à être à côté du vélo et non pas dessus ! La roche volcanique mouillée est très glissante. Nico : ça fait envie de monter sur le VTT… mais c’est chaud… Et surtout à quoi bon, les copains sont à pied… un coup à faire un OTB… pour le plaisir… Et rapidement les racines se mettent en travers du chemin. Le chemin c’est de la gadoue. Et puis le roadbook nous indique de suivre la piste de descente VTT, et de ne pas suivre les gros chemins… Y en a qui ont perdu beaucoup de temps à ne pas suivre le roadbook il parait… Alors on descend dans la pente, tous à côté de nos vélos, à faire attention à ne pas trop glisser sur les racines. Même ainsi nous tombons tous. Durant un passage un peu plus technique, Fred nous porte les 2 vélos. Pour une fois je ne suis pas trop à la traine… Il faut dire que je deviens une vraie spécialiste de « descente à côté de son vélo ». Je ne subits pas trop. Et je me surprends même à essayer de me mettre sur le vélo de temps en temps, alors qu’avant je n’aurais même pas essayé. C’est bien, tout n’est pas perdu ! La descente se fait principalement sous les bois. On ne profitera donc pas de la vue. Fred : Oui la Zazou est imbattable pour courir à côté de son vélo. Pour ça elle est une championne, elle en a fait sa spécialité. Bientôt des championnats ! Nico : la fin est plus roulante et on en profite quand même un peu… entre temps, je récupère le carton de pointage… Greg en a marre… ça fait une semaine qu’il pointe 😉
On descend jusqu’à retrouver la ville que nous traversons. Nous ne sommes plus à l’ombre et il recommence à faire chaud !
Après la ville, la savane. Moi qui pensais que nous étions arrivés. C’est raté. Nous revoilà dans un petit chemin plein de pierres volcaniques qui nous empêche de nous mettre sur les vélos. Nous sommes de nouveau en train de pousser ou promener (au choix) nos vtt. Nico : ça passe mais y a du pilotage en finesse… avec la fatigue… Et nous avons soif. Nos gourdes sont vides. A un moment, on pensait que Fred et Seb cherchaient le bon chemin, alors on s’arrête et on se pose ; jusqu’à ce que Fred revienne sans son vélo pour nous dire : « mais qu’est-ce que vous foutez ? »… Ah communication quand tu nous tiens !! Fred : C’est la relâche… aller motivation de l’équipe et c’est reparti. Une équipe nous rattrape pour nous doubler. Ils sont plus forts que nous, ils n’ont pas été shunté eux, mais la fatigue étant là, ils font des erreurs d’orientation et ils nous doublerons 5 ou 6 fois avant l’AT suivant. Dur dur pour tout le monde cette fin de raid. Un petit peu plus loin, nous tombons dans une plantation de manguiers… Ah la terrible tentation !! Nous nous ferons violence pour ne rien cueillir. Greg : Ah oui ça fait vraiment envie toutes ces mangues dans les arbres, mais faut être raisonnable et pas les cueillir car c’est le gagne-pain des locaux ! En revanche, nous profitons d’un tuyau mal branché pour refaire le plein d’eau. Nous sommes presque arrivés, mais on a eu soif. Un peu plus loin nous rencontrons le propriétaire qui nous félicite lui aussi pour ce qu’on a fait ! Aller encore deux petits coups de culs pour enfin arriver à la dernière transition. Nico : je tracte encore un peu Zazou, mais je la sens moins motivée… Allez, allez encore un effort…

A cette transition, je me rends compte que ça y est, c’est terminé. Le raid est fini. Ça me fait bizarre. Il ne reste plus rien à faire. 5km pour rejoindre la ligne d’arrivée. On y est arrivé, tous les 4 ; tous les 8. Ça me fait quelque chose (j’en ai les larmes aux yeux rien qu’en l’écrivant).
A l’AT, on range les vélos, on range tout le surplus et tout le matériel non obligatoire. On enlève le sac de bouffe. On ne part qu’avec le minimum syndical et les affaires de packrafts. Nico : on ne se pose pas trop de questions… tout en vrac dans la caisse VTT et zou ! Fred : Un beau foutoir cette caisse VTT, heureusement que l’on ne va pas y remettre le nez dedans. Surtout le nez d’ailleurs, car avec toutes ces affaires mouillées. Pffouuua !!!

SECTION J – Trek (+ packraft) / 5 km : Destination Corail

Nico et Fred reportent les packrafts, et cette fois avec Greg on peut aider : notre sac est quasiment vide ! Alors Greg prend les pagaies, et je prends les cordes à lancer. Et nous repartons à 8 en direction de la ligne d’arrivée. Nous descendons retrouver la rivière. J’aime cet endroit. Nous sommes à l’ombre de beaux arbres, c’est bien vert et bien moussu. Nico : après un petit bain rafraichissant, on trouve le sentier « caméléon »… nous retrouvons avec joie les magnifiques bambous. Et ça reste calme alors que nous savons que la rivière débouche dans le port de Saint-Gilles. Après 3km de randonnée sympa, la forêt fait place à des hautes herbes. Nous voyons un pont pas trop loin. Il est temps de regonfler pour la dernière fois le packraft. Greg : Les moustiques en profitent pour nous dévorer une dernière fois! Sur l’eau l’euphorie de l’arrivée commence à se faire sentir. Fred : L’ambiance est beaucoup plus décontractée, on sent vraiment la fin. Nous recroisons les photographes que nous avions laissés à Cilaos quelques jours plutôt.
Nous arrivons sur le sable, il faut maintenant traverser le tout petit port sans oublier de poinçonner la dernière balise… Nico : heu quelle balise… vas-y Greg, poinçonne, je te prends tes pagaies… Greg : Mince je n’ai pas compris ce que disait Nico du coup je descends sans aller pointer, pas vu de balise!
Et nous nous retrouvons sur la plage. La plage de l’arrivée. C’est trop bien. Le cadre est splendide : il fait beau, le ciel est bleu, la mer et turquoise de ce côté de la barrière de corail, le sable est blanc, et nous avons tous le sourire. C’est beau. Nico : attendez moi les copains… je traine… mais pourquoi d’ailleurs… je ne sais plus… sans doute l’envie de savourer les derniers instants… Notre ami Laurent des Gônes raideurs, bénévole sur le RIF, vient nous retrouver. On en profite pour immortaliser cet instant. Tous les 8 sur la photo. Merci pour ce souvenir.
Il reste quelques centaines de mètre à faire avant de passer cette ligne d’arrivée. Je suis contente et triste d’être arrivée.
Ah petit rebondissement de dernière minute : nous ne voulions pas arriver tout de suite… C’est Nico qui nous permet de savourer cet instant : il a oublié de poinçonner la dernière balise. Nico : Mais pas du tout !!! Pourtant on est passé devant ! Nico : Greg ?? Alors il lâche tout et se met à courir sur la plage pour aller valider le poste. Nico : quand tu n’as pas de cerveau, il vaut mieux avoir des jambes… Nous l’arrêtons, car les Mojitos l’ont poinçonné eux la balise, et on a donc la trace du poinçon. Donc sous les yeux de Laurent et son acceptation, Fred copie les points. On a l’impression qu’il a fait ça toute sa vie ^^. Et nous repartons. Nico : ça reste entre nous, hein ! Fred : Heuuu, je n’ai jamais fait ça avant ! Et oui il ne faut surtout rien dire… Bon heureusement que la trace GPS confirme bien de notre passage à la balise.
Voilà. Nous y sommes, nous voyons les bannières « Raid in France » « France is Magic ». Les drapeaux des différents pays participants nous font une haie d’honneur. Morgane et Jean-Phi retrouvent leur fille d’un an, Meije. Leur fanclub les attend aussi. Un dernier virage à droite, et nous voyons Pascal et beaucoup de bénévoles nous attendre. Ca fait très bizarre. J’en suis très émue. 7 jours-6 nuits et pleins d’émotions. Nous passons la ligne d’arrivée, et Pascal nous arrose de champagne ! C’est terminé. Voilà, la finale des championnats du monde de Raids Aventures Multisports 2018 est terminée pour nous. Les larmes me montent aux yeux. Embrassades, félicitations, et puis pizza dans la chaise longue !
Nico : quelle plaisir d’arriver avec les copains. On a quand même fait un sacré truc !!! Même sans la Full race, on n’aura pas trop trainé dans les AT ni les CP. Avec nos forces et nos faiblesses, on a réussi à rester unis et puis bien se marrer même si toutes les anecdotes ne sont pas racontables… Une belle équipe. Mercredi 15 novembre – 175h de course. Nous sommes partis à 4, et nous sommes arrivés à 8. Just Magic. Greg : Ah oui que de moments vécus en votre compagnie, c’est vrai qu’on n’a pas tout fait mais je suis tellement content d’avoir fini à 4 et surtout que Fred ait tenu jusqu’au bout avec sa main réparée. Encore une belle édition qui me restera en mémoire.
Fred : JUSTE ENORME, J’ai vécu une superbe édition. Zazou nous a fait changer un peu de rythme dès le début mais après réflexion c’est ce qui nous permis de profiter pleinement de cette aventure. Et s’il y avait une édition à vivre pleinement, c’était celle-ci. La Réunion est un lieu de rêve pour le raid aventure. Nous avons vécu tous ensemble un moment inoubliable. C’est la première fois que je me blesse à ce point, et je suis bien content d’avoir pu finir, le soulagement. Toutes les conditions ; tous les paysages, tous les milieux. Merci à vous, mes coéquipiers, un grand merci.

L’après course :
La pression est relâchée. Nous profitons de l’après-midi pour ranger un peu notre joyeux bordel. Nous allons nous renseigner pour laver les vêtements, et optons pour aller à la laverie le lendemain matin. Nous passons notre temps à essayer de ranger : certains sont beaucoup plus efficaces que d’autres… A dormir aussi, et à manger. Nous avons trouvé une boulangerie au top et passons deux matinées à nous régaler. Ensuite, il y a sieste bien sûr, et le 4h arrive enfin pour nous régaler de glaces 3 boules.
Nico : ça plane pas mal les premiers jours post course. Objectif principal de cette fin de voyage : faire la lessive… On devrait y arriver. Greg : Ce n’est pas la partie la plus intéressante du raid le nettoyage, mais on se force pour pas que ça traine de trop. Mince il reste plein de bouffe de course, le sac va être plus lourd au retour qu’à l’aller ! Fred : C’est fait !!! Nous avons finis !! On fait nos petits rangements dans une ambiance très relâché, avec le sentiment que nous avons le droit de se faire plaisir. Dormir, manger, rester tranquille et le mieux se remémorer notre course.

La cérémonie de clôture se fait le jeudi 16 novembre à 18h. Ils sont sympas avec nous, il n’y a pas trop de blabla. Les équipes passent une à une : d’abord les hors classement, ensuite ceux qui ont abandonné, et puis ceux qui ont passé la ligne d’arrivée. Sur 59 équipes partantes, seulement 38 arrivent à 4. Nous sommes les 33ème et 34ème avec les Mojitos.
Et enfin arrivent les meilleurs au monde à ce jour : 400 Team Naturex en 3ème position – un tonner d’applaudissement ; puis Haglöfs Silva, les suédois en 2ème – les applaudissements redoublent. Nous nous rassoyons. Et puis les néo-zélandais Avaya ; 1er. Tout le monde se lève, les applaudissements pleuvent. Il y a du respect et de l’émerveillement dans ces applaudissements. Du respect, car ils ont terminé la course en 2 fois moins de temps que toi et sans être shunté. Du respect, car ils ont gardé leur 1ère place. De l’émerveillement dans mes yeux de jeune raideuse, de voir les meilleures équipes au monde de ce sport.
Après la cérémonie, nous mangeons tous ensemble attablés autour de grandes tables, ce fut un moment très convivial. Fred : Tous rassemblés, nous avons tous vécus une semaine mémorable avec des centaines d’anecdotes. Tout le monde parle avec tout le monde.
Et puis après un bon repas créole, il faut aller digérer ; alors nous repartons nous coucher.
Nico : ça mange pas mal… et ça dort pas mal aussi…

Le lendemain, nous partons faire quelques emplettes au marché de Saint Paul, mais le temps d’y aller en vélo, tout était fermé. Bon bah ce n’est pas grave, nous nous sommes régalés de samossas sur la plage de sable noir. Fred : Plutôt empiffré de samossas. On en a acheté beaucoup et ils nous ont rajouté un tiers de plus.
Une fois rentrés, nous remettons nos vélos dans leur caisse, et les donnons à l’orga pour qu’ils nous les apportent le lendemain jusqu’à l’aéroport.
Le dimanche matin, cette fois nous faisons le marché de l’Ermitage Les Bains, à 3 minutes à pieds du Village Corail. Je peux honorer la commande des gousses de vanille à ramener en France, et puis quelques souvenirs quand même ! Nico : vraiment sympa ce marché, on a envie de tout goûter…
La suite est moins sympa à raconter alors je vous la fait courte : le bus nous ramène à l’aéroport, puis c’est l’avion qui nous fait voler jusqu’à Paris, puis le train qui nous redescend jusqu’à Lyon. Nico : Un petit Dead Pool pour la route ? Greg : Moi j’ai l’impression de refaire la course dans ma tête à chaque fois que je ferme les yeux ! C’est bon pour s’endormir dans l’avion ! Nous sommes le lundi 19 novembre il est 11h. Et la boucle est bouclée. Nico : température et météo de saison… brrrrr…
Le plus dur pour moi c’est d’aller retourner travailler après tout ça.

L’île de la Réunion est une île splendide. Un lieu à faire et à refaire tellement il y a à faire !

Merci à cette île d’être comme elle est.
Merci Pascal pour ce parcours hors norme !
Merci aux bénévoles sans qui tout cela ne serait possible !
Merci à Greg, Nico et Fred de m’avoir embarquée dans cette merveilleuse aventure !!
Nico : plaisir partagé… partis à 4… rentrés à 4… A suivre…
Merci à vous trois d’avoir formé cette petite équipe bien soudée jusqu’au bout. Merci à Pascal pour ce parcours surprenant, difficile et tellement magique. Merci à toute cette énergie déployée par les bénévoles. J’espère que l’aventure continuera en …. 2020 et que Pascal remettra le couvert pour nous surprendre de nouveau dans une partie magique de la France.
Fred : Impressionné par Zazou qui a su surmonter ces peurs, ces faiblesses. Mis dans le dur dès le début, elle est remontée de jour en jour pour finir au top. Que de souvenirs, que d’émotion, que de plaisir. Raid in France comme on le désire. Merci les copains. Nous allons en parler longtemps de cette édition.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *