Ce week-end avait lieu la 6ième édition du trail des Glières organisé à Thorens-Glières, comme son nom l’indique!
Nouveauté en 2016 l’organisation d’un trail de 65km se faisant obligatoirement en duo. Wil et Benoit ont pris part à cette course.

Compte rendu du Trail des Glières : 65km en duo – Du Haut des Lapiaz

Une édition particulière avec un parcours en duo.

Benoit s’est mis au Trail l’année dernière avec la Maxi Race sur le Relais 2, avec la ferme intention d’y revenir pour boucler la totalité du Lac. Hors une sournoise tendinite au tendon d’Achile à 2 semaines de l’épreuve le prive de ce rêve. Les semaines passent, le repos contraint et forcé fait son office sur son organisme en quête de sensations .

Lorsque je lui propose de descendre de Panam pour participer à 2 au Trail des Glières, le oui s’impose quasi immédiatement.
Mon challenge à moi sera de rester à son rythme, de ne pas me laisser distraire par ceux qui nous doublent et de bien gérer la course pour l’emmener au bout, en allant puiser des ressources inattendues.

Dimanche matin, départ 4h pour un petit groupe de fanatiques. L’atmosphère n’est pas électrique. Nous croisons juste les doigts. Que le soleil se découvre sur les hauts du parcours….
Une montée tout debout jusque Sous-Dîne pour se faire accueillir par le vent, la pluie et le brouillard. Nous sommes tout de suite dans le bain avant d’attaquer une première descente sur un Lapiaz glissant. Le terrain est joueur. Benoit est là, je sens son sourire dernière moi. Il est en pleine nature.
Une descente rapide pour relancer le rythme avant de rattaquer la bosse boueuse qui nous mènera au plateau de Glières. 18 km, 1er ravito, après 3 heures de progression. Je regarde ma montre, pas question de s’attarder.  Intérieurement je rigole. Le compétiteur veut reprendre le dessus alors Jm et Bertrand, notre binôme référence, est déjà reparti devant nous.
Les bosses s’enchaînent, je m’assure que Benoit s’alimente.  Il m’avoue que cela commence à tirer mais ne veut pas entendre parler de la laisse. Bien, je suis à l’écoute et ferai preuve de patience. Nous sommes désormais au Chalet d’Ablon. Le temps est clair. Les ravitos font du bien au moral. Nous sommes en terrain connu pour y avoir couru avec Jm la semaine passée et m’y être tapé une hypo….
Pour ma part, je jubile, je me sens bien prêt à en découdre avec le Parmelan. Et j’annonce la couleur à Benoit : »Pour la montée au Parmelan, il y aura 2 coups de cul. Ce sera laisse obligatoire et fais moi confiance, tu vas aimer « . Je me mets alors en mode traction. Il faut croire que j’aime ça. Les sourires de Stephane Couleaud et Aurore Metral en signaleurs sont des bonus pour avancer toujours plus. Le Parmelan est dans le brouillard alors vite tâchons d’arriver au Chalet de l’Anglettaz. Il y aura peut être une chance d’y voir mes deux p’tits loups.
Restons concentrés car les 25 km restant vont être un vrai régal pour nos cuisses martyrisées. Les bénévoles nous encouragent, nous soutiennent. Le Pas du Roc nous accueillent alors que Benoit commence à vraiment bien souffrir. Je sais désormais qu’il ira jusqu’au bout. Bien sûr, je viens de lui donner un coup de fouet. Et puis je connais les 10 derniers kilomètres de descente. Un single track qui est une véritable invitation à s’épanouir en forêt. Désolé j’ai un trop plein d’endomorphines. Benoit est au taquet. Les descentes techniques ou un peu trop pentues deviennent pénibles.
Et là, nous nous faisons doubler par un duo mixte. Ok c’est le jeu, discours de façade… « Benoit, c’est maintenant qu’il faut remettre la laisse » « Pourquoi ? » « t’inquiètes je gère !! » Le duo mixte est à nouveau en visu. Patience. Nous sommes tous les 4 bien entamés. En tout les cas, c’est l’hypothèse qui traverse à cet instant mon esprit. Je connais sur le bout des doigts le dernier kilomètre. « Benoit, t’es prêt ? – Ecoutes ça va piquer, sers les dents et je t’emmène jusqu’à l’arche. On est fort » Plus rien n’existe autour de moi, nous passons le duo, je n’ai qu’une image en tête, l’arche avec Adrien et Théotim qui peut être m’y attendent.
Il reste encore 1 belle montée sur le bitume histoire de brûler toujours un peu plus nos cuisses en feu et ce long plat mené tambour battant (enfin je crois). Adrien est là. Il a le sourire. Mois aussi.

Je lui prend la main au passage. Théotim est sur les épaules d’Isabelle venue en renfort avec Myriam. Et voici tout ce beau monde qui se jette sur la ligne d’arrivée. Instant magique chargé d’émotions couronné par le son d’une cloche que je secoue frénétiquement. Je suis fier de Benoit, de mon compagnon de course pour une épopée de 11h11 entre ciel et terre.